Actualisé 01.11.2015 à 09:03

Etats-Unis«Un président qui ne sait pas ce qu'il fait»

«Trop peu de soldats, trop tard»: les critiques ne se sont pas fait attendre après la décision de Barack Obama de déployer des forces spéciales en Syrie.

1 / 116
Le chef de l'Etat syrien, Bachar al-Assad, s'exprime pour la première fois sur l'accord de cessez-le-feu, qu'il estime «difficile». (16 février 2016)

Le chef de l'Etat syrien, Bachar al-Assad, s'exprime pour la première fois sur l'accord de cessez-le-feu, qu'il estime «difficile». (16 février 2016)

Keystone
Des tirs de missiles ont «tué près de cinquante civils dont des enfants et fait de nombreux blessés» dans «au moins» cinq établissements médicaux et deux écoles à Alep et Idlib (nord de la Syrie), a annoncé lundi l'ONU. (Lundi 15 février 2016)

Des tirs de missiles ont «tué près de cinquante civils dont des enfants et fait de nombreux blessés» dans «au moins» cinq établissements médicaux et deux écoles à Alep et Idlib (nord de la Syrie), a annoncé lundi l'ONU. (Lundi 15 février 2016)

AFP
Au moins dix-neuf personnes, dont quatre enfants, ont été tuées lundi lors de frappes de l'aviation, vraisemblablement russe, contre un hôpital soutenu par Médecins sans frontières, dans le nord de la Syrie.  Le raid a eu lieu à Hadiyé, une localité au sud de Maaret al-Noomane. (Lundi 15 février 2016)

Au moins dix-neuf personnes, dont quatre enfants, ont été tuées lundi lors de frappes de l'aviation, vraisemblablement russe, contre un hôpital soutenu par Médecins sans frontières, dans le nord de la Syrie. Le raid a eu lieu à Hadiyé, une localité au sud de Maaret al-Noomane. (Lundi 15 février 2016)

kein Anbieter

La décision de Barack Obama de déployer des forces spéciales en Syrie est jugée insuffisante et trop tardive par des critiques du président américain. Ceux-ci déplorent son absence de stratégie à l'égard de ce pays ravagé par la guerre.

Les attaques contre la Maison-Blanche, accusée de naviguer à vue sur la Syrie, ne datent pas d'hier et sont nourries depuis 2013 par les propres aveux d'impuissance du président américain à mettre fin au conflit. Après 4 ans et demi de violences qui ont fait 250'000 morts et des millions de déplacés, Washington va envoyer au sol «moins de 50» membres des commandos d'élite qui ne combattront pas mais conseilleront les rebelles syriens en lutte contre l'armée de Damas.

Dans son effort de guerre contre le groupe Etat islamique (EI), Barack Obama s'était jusqu'ici refusé officiellement à dépêcher des soldats sur le terrain, préférant des bombardements aériens dans le cadre d'une coalition internationale mise sur pied à l'été 2014.

Stricto sensu, ce ne sera pas la première fois que des soldats en uniforme américain foulent le territoire syrien: des commandos ont mené des opérations secrètes pour tenter de sauver des otages et des agents de la CIA ont apporté des armes à la rébellion.

Pas de stratégie «réaliste»

La décision de déployer officiellement des soldats, un revirement pour le président Obama, n'a toutefois pas satisfait l'opposition républicaine qui a hurlé que c'était «trop peu et trop tard». «Je crois que nous avons un président qui ne sait tout simplement pas ce qu'il fait», a taclé samedi sur CNN Donald Trump, en tête des sondages dans le camp républicain pour la présidentielle de 2016.

Un autre opposant acerbe de M. Obama, le sénateur John McCain, candidat à la présidentielle en 2008, a dénoncé une décision «malheureusement limitée et insuffisante» prise par un «président (qui) n'a toujours pas de stratégie réaliste» et «cohérente» pour la Syrie.

John McCain, qui milite pour que son pays intervienne militairement à l'étranger, a accusé le locataire de la Maison Blanche de contribuer à «accélérer l'érosion de la crédibilité de l'Amérique». Pour le sénateur républicain Lindsey Graham, ce ne sont pas 50 hommes des forces spéciales qui vont «intimider l'EI, qui y verra même un nouveau signe de faiblesse du président Obama».

«Un sparadrap»

L'ancien «Monsieur Syrie» au département d'Etat, le diplomate Frederic Hof, pense également que «déployer une poignée de forces d'opérations spéciales en Syrie ne changera pas la situation de manière significative». «C'est un sparadrap, en quelque sorte, même s'il peut être utile», juge cet expert du centre Atlantic Council, exhortant son ex-administration à revoir sa stratégie en Syrie.

Il y a deux semaines, dans l'émission «60 Minutes» de CBS, Barack Obama avait affirmé qu'«il n'y avait pas de solution miracle dans une situation aussi volatile et avec autant d'acteurs qu'en Syrie».

«Ce que nous ne ferons pas, c'est d'essayer de nous réinsérer dans une campagne militaire en Syrie», avait martelé alors le président, qui refuse de réengager l'Amérique en première ligne dans un conflit au Moyen-Orient, après le retrait d'Irak et la réduction d'effectifs en Afghanistan.

Aujourd'hui, alors que l'EI contrôle une partie de la Syrie, résiste depuis un an aux frappes de la coalition dirigée par Washington et subit depuis un mois celles de l'aviation russe, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a assuré samedi que son pays n'avait «pas décidé d'entrer dans la guerre civile syrienne». «Ce n'est pas une décision ou un choix centré sur Assad. C'est centré sur Daech», a-t-il déclaré en visite au Kirghizstan, sans exclure une augmentation à l'avenir du nombre de soldats américains en Syrie. (ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!