Actualisé 03.05.2011 à 12:05

Mort de Ben Laden

«Un prétexte idéal» pour le terrorisme

Un ancien compagnon de Ben Laden a affirmé que ce dernier ne contrôlait plus le réseau Al-Qaïda, désormais dirigé par Ayman al-Zawahiri qui devrait durcir encore plus la ligne d'Al-Qaïda.

«Les Américains ont tué Oussama Ben Laden, donnant un prétexte idéal à Ayman al-Zawahiri, un homme encore plus extrémiste, de mener des opérations de vengeance», a déclaré Houthayfa, 41 ans, fils de Abdallah Azzam, maître à penser de Ben Laden.

Ancien compagnon de Ben Laden, Houthayfa affirme que «Ben Laden ne contrôlait plus depuis plusieurs années, Al-Qaïda, tombé dans la main de fer de l'Egyptien Zawahiri».

«Le fils de Ben Laden, Omar, me l'a dit lui même, lorsqu'il a décidé de revenir dans son pays, l'Arabie saoudite. Il m'a expliqué que sa décision a été motivée par le fait que son père perdait le contrôle d'Al-Qaïda», a ajouté ce Jordanien d'origine palestinienne.

Recrudescence du terrorisme

«A la différence de Zawahiri, Ben Laden était un homme avec qui les Etats-Unis auraient pu dialoguer. Ne le font-ils pas avec des Palestiniens qui dans le passé avaient détourné des avions et porté les armes?», a-t-il dit.

«Je m'attends à une recrudescence des opérations contre l'Occident et surtout le Pakistan car Al-Qaïda est convaincu que c'est le Pakistan qui a tué Ben Laden».

Mais il ne s'attend pas à des attaques dans le monde arabe, car, dit-il, le réseau s'est rendu compte qu'il avait «beaucoup perdu auprès de l'opinion publique arabe en raison de telles opérations«.

Fils de celui qu'on appelait l'«émir des Moujahidine», Houthayfa avait décidé de suivre la voie de la résistance. «Des différences idéologiques m'ont poussé à rompre avec Al-Qaïda en 1998, mais j'ai gardé des relations avec Ben Laden, qui était en contact avec moi et ma mère».

Oussama Ben Laden avait décidé en 1984 de quitter son pays l'Arabie saoudite et de suivre en Afghanistan le Palestinien Abdallah Azzam. Ce dernier et deux de ses fils devaient périr le 24 novembre 1989 en Afghanistan dans l'explosion de leur voiture.

Auteur d'une encyclopédie du jihad et fondateur du mouvement des Frères musulmans en Palestine, Abdallah Azzam, estimait que lorsqu'un pays musulman est occupé, la charia (préceptes de l'islam) impose à tous les musulmans dans le monde d'oeuvrer à libérer cette terre.

Il devient ainsi le premier Arabe à se rendre à Peshawar pour aider à la libération de l'Afghanistan de l'occupation soviétique.

Pakistan montré du doigt

Impressionné par les préceptes que Abdallah Azzam prêchait à l'université du roi Abdel Aziz à Jeddah (Arabie saoudite), Ben Laden décide de le suivre en Afghanistan, de travailler dans son Bureau des services des Moujahidine et de le financer, jusqu'à ce qu'il fonde Al-Qaïda en 1988.

Houthayfa Azzam a accusé le Pakistan de «jouer au chat et à la souris avec les Etats-Unis, leur fournissant de temps en temps des tuyaux sur des membres d'Al-Qaïda mais pas au point d'affecter ce réseau, car sa stratégie est de prolonger au maximum la coopération anti-terroriste avec Washington».

«Le Pakistan sait qu'une fois ce problème résolu, il sera lui même la cible des Etats-Unis inquiets de cette puissance nucléaire».

«Je parie que le Pakistan sait où se trouve Zawahiri, mais il ne dira rien«, a ajouté Houthayfa qui estime que «le Pakistan ne pouvait pas ne pas savoir que Ben Laden se trouvait à Abbottabad, une zone militaire».

«Tous les membres d'Al-Qaïda arrêtés ou tués se trouvaient dans des zones militaires pakistanaises«, ajoute-t-il citant le cas de Khaled Cheikh Mohamad, arrêté en 2003, après les attentats du 11-Septembre, dans la maison d'un militaire pakistanais à la retraite.

Houthayfa se dit par ailleurs «pas étonné» que le corps de Ben Laden ait été immergé en mer. «Les Etats-Unis veulent éviter que son tombeau devienne un lieu de pèlerinage, mais pourquoi n'ont-il pas publié de photos? Quelles preuves donnent-ils au monde de sa mort?», s'interroge-t-il. (afp)

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