Actualisé 26.10.2009 à 19:46

Italie

Un prêtre exclu pour avoir marié un transsexuel

L'archevêque de Florence, Mgr Giuseppe Betori, a relevé de ses fonctions un prêtre d'une paroisse de la banlieue industrielle de Florence pour avoir célébré dimanche un mariage entre un homme devenu femme et un autre homme, selon un communiqué officiel.

En annonçant avoir «relevé» le père Santoro de sa mission pastorale, l'archevêque a invité le curé à «une période de réflexion et de prière».

Dimanche, le père Alessandro Santoro, un prêtre ouvrier de la paroisse de Piagge, dont il s'occupait depuis 1994, avait célébré les noces de Sandra Alvino, 64 ans, qui avait changé de sexe il y a une trentaine d'années, et Fortunato Talotta, 58 ans. La cérémonie avait eu lieu en dépit d'une injonction de l'archevêché à ne pas célébrer le mariage.

Dans son communiqué, l'archevêque dénonce «la simulation d'un sacrement dans un acte dépourvu de valeur en raison de l'absence des éléments constitutifs au mariage religieux».

«L'acte est particulièrement grave car il est trompeur pour les deux personnes concernées», a encore dénoncé l'archevêque, en estimant que la cérémonie a «déconcerté et suscité la confusion dans la communauté chrétienne et l'opinion publique qui peuvent penser que les conditions essentielles pour un mariage canonique ont changé pour l'Eglise» catholique.

Dimanche en célébrant le mariage devant 200 invités dont un bon nombre étaient en larmes, le père Santoro avait expliqué que sa décision n'était «pas un acte de rébellion» envers l'Eglise : c'est «un acte de fidélité à l'égard de mes fidèles, de l'Evangile et envers les gens que j'aime».

Les deux époux, mariés civilement depuis 25 ans, souhaitaient ardemment convoler dans leur église.

Avant la bénédiction finale, le père Santoro s'était dit conscient comme les deux époux que «le sacrement allait être annulé dès l'arrivée de l'acte au diocèse», mais «pas pour nous, pour cette communauté, ni aux yeux de Dieu».

«La biologie, ce que Dieu a fait homme et femme, ne peut pas être changé par des subterfuges», avait dénoncé le cardinal Renato R. Martino, président jusqu'à samedi du conseil pontifical Justice et Paix. Interrogé à l'occasion d'un passage à Florence, il avait parlé d'un acte «contre-nature». (afp)

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