Valais: Un procès allégé pour le meurtrier de Daillon

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ValaisUn procès allégé pour le meurtrier de Daillon

L'homme qui avait tué trois personnes en 2013 en Valais n'avait plus sa capacité de discernement, selon des experts. La procureure propose une procédure light.

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pru
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14.06.2018 L'assassin présumé de Daillon (Valais) sera finalement jugé devant un tribunal. Mais le public trouvera porte close. puisque le procès aura lieu à huis clos.

14.06.2018 L'assassin présumé de Daillon (Valais) sera finalement jugé devant un tribunal. Mais le public trouvera porte close. puisque le procès aura lieu à huis clos.

Keystone/Olivier Maire
08.06.16 La procureure valaisanne propose un procès allégé pour le prévenu. Cette idée ne ravit pas certains avocats des plaignants, alors que d'autres sont ouverts à cette initiative.

08.06.16 La procureure valaisanne propose un procès allégé pour le prévenu. Cette idée ne ravit pas certains avocats des plaignants, alors que d'autres sont ouverts à cette initiative.

Keystone
31.08.15 Une seconde expertise psy affirme que le tueur n'est pas incurable. Les spécialistes estiment qu'avec un traitement et une abstinence à l'alcool et à la drogue, l'homme pourrait être soigné.

31.08.15 Une seconde expertise psy affirme que le tueur n'est pas incurable. Les spécialistes estiment qu'avec un traitement et une abstinence à l'alcool et à la drogue, l'homme pourrait être soigné.

Keystone/Laurent Gillieron

Le drame avait fait le tour du monde en janvier 2013: Un homme de 33 ans avait abattu trois femmes et blessé gravement son oncle et sa tante à Daillon, village valaisan situé sur les hauts de Conthey. Deux expertises affirment que le prévenu est irresponsable: il souffre de maladie mentale et était alcoolisé au moment des faits. La première préconise l'internement à vie, la seconde, des mesures thérapeutiques institutionnelles.

La procureur valaisanne Catherine Seppey propose donc la procédure ordinaire pour cette affaire, selon le journal «Le Matin». Soit un procès «light» avec des débats réduits au minimum. Ce qui ne réjouit pas Me Jean-Luc Addor, avocat d'une des parties. «Un préjugement avant le jugement. Comme si les experts rendaient le verdict. L'appréciation ultime doit être le fait du tribunal», a-t-il affirmé au «Matin».

«Jugement en catimini»

L'avocat a demandé au ministère public de renoncer à cette forme de procédure, et de renvoyer l'accusé devant le tribunal. «Il y a eu un massacre, c'est très grave, a-t-il insisté. J'ai le sentiment que l'on veut juger en catimini en limitant la liberté de manœuvre de l'autorité de jugement, et priver les plaignants et le public d'un procès et de débats complets.» Selon lui, les plaignants doivent pouvoir plaider une éventuelle responsabilité restreinte.

Grièvement blessé par la police

Les autres avocats du dossier se montrent toutefois moins hostiles à l'idée d'un procès allégé. Mais une précision est amenée par Me Guillaume Grand, qui juge l'issue presque certaine: «Les projectiles policiers, qui ont touché le tueur et provoqué une embolie pulmonaire massive avec caillot au cerveau, ont-ils eu un impact sur sa capacité de discernement? Nous ne le saurons jamais.»

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