26.08.2020 à 09:29

RussieUn proche de Poutine promet de «ruiner» Navalny

L’homme d’affaires Evguéni Prigojine, surnommé le «chef de Poutine», a l’intention de s’en prendre à Navalny. Il l’accuse de lui avoir porté préjudice lors de ses enquêtes contre la corruption.

Alexei Navalny est hospitalisé à Berlin. Ses médecins allemands ont dit avoir établi qu’il présente des «traces d’empoisonnement».

Alexei Navalny est hospitalisé à Berlin. Ses médecins allemands ont dit avoir établi qu’il présente des «traces d’empoisonnement».

KEYSTONE

Evguéni Prigojine, un proche controversé du président Vladimir Poutine, a promis mercredi de «ruiner», sauf s’il «rend l’âme», l’opposant Alexeï Navalny, qui se trouve dans le coma à Berlin suite à un empoisonnement présumé.

L’homme d’affaires, surnommé le «chef de Poutine» car sa société de restauration Concord a travaillé pour le Kremlin, est suspectée d’être liée à une «usine à trolls» que Washington accuse d’ingérence électorale et à l’opaque groupe de mercenaires Wagner.

M. Prigojine a désormais l’intention de faire payer à M. Navalny et a son alliée Lioubov Sobol 88 millions de roubles (près d’un million d’euros au taux actuel) de préjudices suite à la publication d’une de leurs enquêtes, a indiqué mardi soir dans un communiqué le service de presse de Concord.

«J’ai l’intention de ruiner ce groupe de gens sans scrupules»

M. Navalny et son équipe ciblent dans leurs enquêtes la corruption des élites russes, et engrangent des millions de vues sur les réseaux sociaux.

«J’ai l’intention de ruiner ce groupe de gens sans scrupule», a affirmé M. Prigojine selon ce communiqué, affirmant qu’une société de cantines scolaires, qui a conclu un contrat avec Concord, aurait subi un préjudice suite à une vidéo de M. Navalny incriminant son activité.

Il aurait dédommagé cette société et compte se rembourser auprès des opposants.

«Si Navalny rend son âme à dieu, je n’ai pas l’intention de le persécuter dans ce monde (…) S’il vit, il devra répondre avec toute la rigueur de la loi russe», a-t-il ajouté.

Sanctionné par Washington

En mars, M. Prigojine avait réclamé 50 milliards de compensation aux Etats-Unis après avoir été sanctionné par Washington pour son rôle dans l’ingérence de Moscou dans la présidentielle américaine de 2016.

M. Prigojine est aussi accusé – ce qu’il nie – d’être lié au groupe Wagner, dont les hommes serviraient notamment en Syrie, en Libye et dans plusieurs pays d’Afrique.

M. Navalny est hospitalisé à Berlin. Ses médecins allemands ont dit avoir établi qu’il présente des «traces d’empoisonnement».

Londres réclame une «enquête transparente»

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a réclamé mercredi une «enquête complète et transparente» sur l’empoisonnement de l’opposant au Kremlin Alexeï Navalny.

«L’empoisonnement d’Alexey @navalny a choqué le monde. Le Royaume-Uni exprime sa solidarité envers lui et sa famille. Nous avons besoin d’une enquête complète et transparente sur ce qui s’est passé. Les auteurs (de cet acte) doivent être tenus responsables et le Royaume-Uni se joindra aux efforts internationaux pour garantir que justice soit rendue», a déclaré le dirigeant conservateur sur Twitter.

Moscou rejette le terme d’empoisonnement

La Russie persistait mercredi à dire que rien n’établissait qu’Alexeï Navalny avait été empoisonné en réponse aux appels occidentaux à une enquête. «Nous sommes en désaccord total à ce stade avec les diverses formulations hâtives abondamment utilisées pour dire qu’il y a une forte probabilité d’empoisonnement», a relevé Dmitri Peskov, porte-parole du président Vladimir Poutine lors d’un briefing avec des journalistes.

«Comment peut-on parler d’empoisonnement s’il n’y a pas de poison?", a-t-il ajouté. Les médecins allemands soignant l’opposant à Berlin ont annoncé lundi qu’il avait été intoxiqué par «une substance du groupe des inhibiteurs de la cholinestérase», mais sans pouvoir préciser laquelle.

(AFP/NXP)

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