Actualisé 14.03.2017 à 11:50

GenèveUn prof de l'uni devient un personnage de jeu vidéo

L'astronome Michel Mayor sera la vedette d'une simulation de conquête spatiale. L'Unige compte sur les joueurs pour l'aider dans ses recherches.

von
David Ramseyer
Les concepteurs de "EVE Online" ont choisi Michel Mayor pour son prestige: «Il crédibilisera notre jeu».

Les concepteurs de "EVE Online" ont choisi Michel Mayor pour son prestige: «Il crédibilisera notre jeu».

Pour près d'un demi-million de gamers lancés à la découverte de la galaxie, il sera le «gourou», un héros de jeu vidéo. En 1995, le Genevois Michel Mayor a été le premier à découvrir une planète hors de notre système solaire (ndlr: exoplanète). Désormais, le scientifique guidera les aficionados d'«EVE Online» dans un domaine précis: la détection d'exoplanètes inconnues. Ce jeu de conquête intergalactique utilisera ainsi des données astronomiques fournies par l'Université de Genève.

Intérêt scientifique et coup de pub

L'avatar de l'astrophysicien apparaîtra dans un tutoriel – il pourrait être en ligne dès le mois de mai – pour expliquer et analyser le phénomène de «transit». Lorsqu'une planète passe devant une étoile, elle provoque une miniéclipse. La baisse d'intensité de lumière permet alors de repérer la planète en question, mais aussi de déterminer son diamètre, la durée de son orbite ou encore si elle est potentiellement habitable.

Pour Michel Mayor, qui prêtera gratuitement son image et sa voix au jeu, «c'est une belle expérience à tenter. Je suis enthousiaste!» L'alma mater genevoise ne l'est pas moins. Au-delà d'un joli coup de pub, elle espère bien tirer des bénéfices scientifiques de l'opération. Les ordinateurs sont en effet capables de détecter tous les transits, «sauf s'ils sont atypiques, note Pierre Bratschi, porte-parole du pôle national de recherche PlanetS. Dans ces cas-là, seuls des êtres humains peuvent le faire.»

Quelles chances de succès?

L'Unige compte donc sur les joueurs en ligne pour l'aider à trouver d'éventuelles exoplanètes qui seraient passées entre les mailles du filet des ordinateurs. «Nous bénéficierons de dizaines de milliers de petites mains pour effectuer un travail de recherche que nous ne pouvons accomplir, faute de personnel suffisant.»

Michel Mayor confirme. Selon lui, les participants à ce type de jeux ont parfois apporté une contribution massive à la science. Le feront-ils cette fois? «Je n'en sais rien, avoue l'astrophysicien. Mais j'espère bien!»

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