Attentat au Pakistan: Un prof se sacrifie pour protéger ses étudiants
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Attentat au PakistanUn prof se sacrifie pour protéger ses étudiants

Des hommes armés ont fait feu dans une université, mercredi. Professeurs et étudiants se sont défendus.

Dans la panique suscitée par l'attaque des talibans mercredi matin contre l'Université de Charsadda, dans le nord-ouest du Pakistan, un jeune professeur de chimie a héroïquement tenu tête aux assaillants avant d'être tué. Des étudiants se sont également défendus.

Syed Hamid Husain, professeur assistant en chimie à l'Université Bacha Khan, s'est ainsi interposé arme à la main pour protéger ses étudiants lors de l'assaut. Un étudiant en géologie, Zahoor Ahmed, a raconté à l'AFP comment Syed Hamid Hussain l'avait protégé.

«Nous sommes sortis, mais nous avons été bloqués par notre professeur de chimie qui nous a conseillé de revenir à l'intérieur». «Il avait un pistolet à la main, j'ai vu une balle l'atteindre, deux assaillants tiraient de tous les côtés», dit-il.

«Ils lui ont tiré dessus directement», a témoigné un autre étudiant, Muhammad Daud. Selon lui, Syed Hamid Husain était «un vrai gentleman et un enseignant respectable».

Un troisième étudiant a déclaré à la télévision qu'il était en classe, lorsqu'il avait entendu les tirs. «Nous avons vu trois terroristes crier 'Allah Akbar' (Dieu est grand), et se précipiter vers les escaliers de notre département», décrit-il. «Un étudiant a sauté hors de la classe par la fenêtre. On ne l'a jamais vu se relever». Il a également indiqué avoir vu l'enseignant une arme à la main, tirant sur les assaillants.

Port d'armes permis

Sur Twitter, nombre d'internautes ont rendu hommage à l'enseignant, décrit par le journaliste et universitaire Raza Ahmad Rumi comme un «martyr de l'éducation» (voir ci-dessus).

Les enseignants dans le nord-ouest du Pakistan ont reçu l'autorisation de porter une arme dans leur classe après un massacre mené il y a un peu plus d'un an dans une école de Peshawar par un commando de talibans. Pendant plusieurs heures, ils avaient abattu de sang froid près de 150 personnes, en majorité des écoliers.

Des associations d'enseignants avaient critiqué la décision de laisser les professeurs porter une arme, soulignant que combattre les extrémistes ne relevait pas de leurs fonctions. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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