France: Un projet d'accord avec la SNCF a été soumis
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FranceUn projet d'accord avec la SNCF a été soumis

La direction de la SNCF a annoncé mardi avoir proposé un texte pour mettre fin à la grève.

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Les violences qui ont éclaté jeudi en France, lors des manifestations pour réclamer l'abrogation de la loi Travail, ont fait une vingtaine de blessés. (15 septembre 2016)

Les violences qui ont éclaté jeudi en France, lors des manifestations pour réclamer l'abrogation de la loi Travail, ont fait une vingtaine de blessés. (15 septembre 2016)

AFP
Plusieurs milliers de personnes ont commencé à défiler jeudi dans plusieurs villes de France pour réclamer l'abrogation de la loi Travail. «Montrer qu'on est toujours là et qu'on n'est pas d'accord», a déclaré l'un des manifestants après des mois de conflit social. (Jeudi 15 septembre 2016)

Plusieurs milliers de personnes ont commencé à défiler jeudi dans plusieurs villes de France pour réclamer l'abrogation de la loi Travail. «Montrer qu'on est toujours là et qu'on n'est pas d'accord», a déclaré l'un des manifestants après des mois de conflit social. (Jeudi 15 septembre 2016)

Keystone
La loi travail, adoptée à l'issue de cinq mois de conflit social et d'affrontements politiques, a été promulguée par François Hollande et publiée mardi au Journal Officiel (mardi 9 août 2016)

La loi travail, adoptée à l'issue de cinq mois de conflit social et d'affrontements politiques, a été promulguée par François Hollande et publiée mardi au Journal Officiel (mardi 9 août 2016)

AFP

A trois jours du lancement de l'Euro de football, un projet d'accord sur le temps de travail à la SNCF a été ficelé tôt mardi matin laissant espérer une sortie de grève après trois mois de fronde sociale. «Il y a un moment où, selon une formule célèbre, il faut savoir arrêter une grève», a lancé François Hollande, dans La Voix du Nord, mardi, au septième jour d'une grève illimitée à l'appel de la CGT, SUD et FO (non représentatif).

Ces derniers jours, le gouvernement a invoqué, en vain, la «solidarité» face aux intempéries pour demander l'arrêt de cette grève «incompréhensible».

19 heures de réunion

L'ultime réunion de négociation au duré 19 heures. Le projet est ouvert à la signature jusqu'au 14 juin mais les quatre syndicats représentatifs (CGT, Unsa, Sud, CFDT) devraient rapidement consulter leurs instances internes. La CGT a souligné toutefois qu'elle prendrait «le temps nécessaire» pour se positionner sur le texte.

Ce projet consacre globalement le maintien des règles internes actuelles (RTT, repos), voire les améliore (travail de nuit). Il prévoit aussi la possibilité, pour les seuls syndicats signataires, de négocier des accords dérogatoires pour répondre à des spécificités locales ou sectorielles.

«Point d'équilibre»

Le PDG de la SNCF Guillaume Pepy avait dû renoncer sous la pression du gouvernement à assouplir la réglementation et à des dizaines de millions d'euros d'économies potentielles.

Mardi matin, il a estimé que la négociation avait abouti à «un point d'équilibre» et qu'il n'y avait «plus aucune raison» de poursuivre la grève, souhaitant qu'elle cesse dans la journée pour «un retour à la normale dès demain» mercredi.

«Le coût de cette grève est équivalent au bénéfice de l'an dernier, on dépasse les 300 millions» d'euros, a dit Guillaume Pepy qui attend, en contrepartie des concessions faites, des engagements financiers de l'État. Manuel Valls les a promis pour «très bientôt».

Perturbations de trafic

Le trafic reste perturbé mardi avec en moyenne quatre Intercités sur dix, un Transilien et RER sur deux, deux TGV sur trois et six TER sur dix, selon les prévisions de la SNCF.

L'issue du conflit repose essentiellement sur la CGT cheminots, premier syndicat à la SNCF, qui a le pouvoir d'opposer un veto - avec SUD-rail - au texte que l'Unsa et la CFDT devraient signer.

Au niveau de la branche, les syndicats ont jusqu'à mercredi soir pour signer un projet d'accord sur une première convention collective commune aux salariés du rail, privé ou public. A ce niveau aussi, la CGT et SUD sont aussi en mesure, avec FO, de s'opposer au texte.

Autre menace à venir

Si le gouvernement parvient à régler le conflit à la SNCF, une autre menace se profile: celle des pilotes d'Air France qui ont déposé des préavis de grève à partir de samedi matin et jusqu'au mardi suivant.

Il s'agit cette fois de motifs liés aux efforts de productivité demandés par la compagnie. Une nouvelle rencontre syndicats/direction est prévue mardi après-midi.

Coincé entre opposition à la loi travail et revendications plus catégorielles, l'exécutif a multiplié ces dernières semaines les gages, au cas par cas, mais refuse de plier sur le texte de la ministre Myriam El Khomri. Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, en a fait les frais lundi, en essuyant des jets d'oeufs à Montreuil.

Ne pas couler l'économie

Le ministre des Finances Michel Sapin a de son côté appelé mardi les grévistes à ne pas «mettre des bâtons dans les roues» de l'activité économique du pays tout en estimant que les effets du mouvement social resteraient «extrêmement sectoriels».

En face, les opposants appellent toujours à «renforcer la mobilisation» avec, en ligne de mire, la manifestation nationale du 14 juin à Paris. Cependant, face à la détermination du gouvernement et l'érosion de la mobilisation dans les raffineries, la question d'une sortie de crise commence à poindre dans le camp des opposants.

Côté pétrole

Côté pétrole, seules quatre des huit raffineries restaient perturbées lundi soir, et dans le secteur des déchets ménagers, quatre sites de traitement bloqués, en Ile-de-France et en Ariège.

Dans l'énergie, les salariés sont appelés à une nouvelle journée de grève et d'«intervention sur l'outil de travail» jeudi. La semaine dernière, ils avaient provoqué une coupure d'électricité géante dans la région de Saint-Nazaire.

Enfin, dans les transports parisiens, SUD-RATP a appelé à partir de vendredi à la grève illimitée. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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