Madrid/Genève: Un projet genevois vogue sur la foule pour le climat
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Madrid/GenèveUn projet genevois vogue sur la foule pour le climat

En ouverture de la COP25, les manifestants contre le réchauffement climatique ont porté une toile faite de selfies, oeuvre d'un artiste du bout du lac.

par
David Ramseyer

Images: Angel Navarrete

Grand comme un immeuble de dix étages (ndlr: 30x20m), le drapeau a passé de mains en mains, au-dessus des dizaines de milliers de manifestants qui ont battu le pavé, vendredi soir à Madrid, à l'ouverture de la conférence de l'ONU pour le climat, la COP25. La toile était composée de 13'500 selfies, qui dessinaient un oeil géant, symbole des citoyens du monde qui scruteront les résultats de la réunion internationale.

Le projet «We are watching»Nous surveillons»), qui entend interpeller les gouvernements et leur réclamer des actes concrets, est né dans l'esprit de l'«artiviste» genevois Dan Acher. Créateur au bout du lac de Ciné Transat notamment, il a rassemblé des portraits envoyés par des anonymes du monde entier, avant de les faire imprimer sur un drapeau géant.

Moment d'émotion

Au départ, ce dernier devait flotter à Santiago du Chili. Mais un gigantesque mouvement social a empêché la ville d'Amérique du Sud d'accueillir comme prévu le sommet annuel sur le climat. Celui-ci a donc été déplacé en catastrophe à Madrid. «Du coup, à cause de délais très courts et pour des raisons administratives, il n'a pas été possible d'obtenir à temps les autorisations nécessaires pour lever un mat et les structures prévues», se désole Dan Acher.

Mais le Genevois s'est consolé en voyant son idée se concrétiser au-dessus des manifestants qui ont marché dans la capitale espagnole, vendredi. «Il y a eu beaucoup d'émotions, ça a été très touchant, appuie l'artiste. Des gens dans la foule, sous le drapeau, m'ont dit qu'ils voyaient en transparence les visages imprimés sur la toile et que c'était comme si ces anonymes les regardaient, unis dans un même combat.»

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