Genève: Un projet public de Vélib' doit fleurir au printemps
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GenèveUn projet public de Vélib' doit fleurir au printemps

Canton et communes lancent ce mardi un appel à projets de vélos en libre-service. Prévu d'ici quelques mois, le système ne leur coûterait pas un sou.

par
David Ramseyer
Comme Lausanne, Genève devrait à l'avenir compter des dizaines de stations.

Comme Lausanne, Genève devrait à l'avenir compter des dizaines de stations.

Le Vélib' à Genève est un genre de Phoenix sur roues. A chaque fois, il semble prendre son envol puis s'écrase, comme cela a été encore le cas en juin dernier, avant de renaître de ses cendres. Le projet public de vélos en libre-service est donc de retour. Canton et communes lancent ce mardi une mise au concours pour dénicher le futur exploitant de «Geroule».

Mais contrairement à ses prédécesseurs, celui-ci ne sera pas financé par les autorités. Ce sera au lauréat seul d'assumer les investissements ainsi que l'exploitation des stations et des vélos: d'abord en Ville de Genève et à Carouge puis à Lancy, Onex, Vernier et Plan-Les-Ouates. En contrepartie, «les collectivités offriront au futur exploitant un usage accru du domaine public», souligne l'Etat. L'absence de fonds publics «a levé les blocages politiques, assure le conseiller administratif carougeois Nicolas Walder. Les conditions sont réunies pour que cela avance bien.»

Abo annuel à moins de 100 fr.

Bien et surtout vite, si l'on en croit les délais communiqués: après l'attribution en mars 2016 d'une concession de sept ans, la mise en place des installations débutera dans la foulée et les premières infrastructures seront inaugurées avant l'été, promettent Canton et communes. Dans le cadre fixé par ces derniers, le nombre de stations n'est pas défini. Le coût suggéré de l'abonnement annuel à «Geroule» oscille entre 50 et 80 fr. et la première demi-heure d'utilisation serait gratuite.

Publicité et location de cycles constitueront les sources de revenus du lauréat. Il fera cependant face à une concurrence privée (cf encadré). Genève pourrait alors se retrouver avec deux systèmes en parallèle. «C'est un risque identifié, admet le Département des transports, mais on espère qu'ils pourront cohabiter.» En Ville de Genève, le magistrat Rémy Pagani est enthousiaste mais juge que cette concurrence rend le projet peu évident à implanter, même s'il reste tout-à-fait «réalisable», selon lui. «Que le meilleur gagne», souffle son collègue verniolan Yvan Rochat. Coordinatrice de Pro Vélo, Violeta Djambazova se réjouit du projet. Mais selon elle, «son succès dépendra beaucoup de la mise en place d'un réseau de pistes cyclables étendu et de qualité».

Promoteurs privés pas très inquiets

Testé à l'été, le projet privé Velospot appuyé par le TCS devrait démarrer avant la fin du mois à Meyrin et Vernier. D'ici au printemps, six à sept autres communes devraient suivre. Alors, les vélib' publics: une concurrence? Apparemment pas. «Des villes allemandes ont des systèmes en parallèle et ça marche», assure François Kuonen. L'homme à la tête de Velospot ironise: «On a fait gagner des millions aux collectivités! On nous a traité de cow-boys quand nous proposions un projet sans argent public, mais c'est aujourd'hui la voie choisie par l'Etat.» Sa société postulera au projet lancé par le Canton.

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