Vaud : Un psy pervers filmait ses collègues à leur insu
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Vaud Un psy pervers filmait ses collègues à leur insu

Un médecin déviant a immortalisé l'entrejambe de collaboratrices. Il vient d'être condamné et sa carrière est menacée.

par
Christian Humbert

Il prodiguait des soins mais il en avait lui aussi bien besoin. Dans le but de se satisfaire sexuellement, un psychiatre de 53 ans a filmé et photographié les parties intimes de plusieurs collaboratrices durant plus d'un an. Les faits remontent au printemps 2014, dans une institution vaudoise pour autistes. Le médecin filmait l'anatomie d'éducatrices sociales qui l'entouraient, notamment pendant les soins, lorsqu'elles étaient penchées vers les patients. Pendant des colloques, il plaçait son appareil sous la table et cherchait à capter les petites culottes des femmes en jupe ou en blouse.

Mais son manège a fini par être remarqué. Trois femmes ont porté plainte en septembre 2015. Une trentaine de vidéos ont été trouvées dans l'ordinateur du pervers. Six victimes différentes ont pu être identifiées.

Le psychiatre a mis du temps à reconnaître les faits. Les enquêteurs ont dû le confronter aux pièces du dossier pour qu'il finisse par tout admettre. L'homme a expliqué son comportement par la grave maladie de sa femme, qui l'affectait particulièrement. Il a fini par exprimer des regrets et a écrit une lettre d'excuses aux victimes. Il a aussi entrepris un traitement psychiatrique.

La procureure, qui l'a condamné à 130 jours-amende avec sursis et à une amende de 3000 francs, relève que ces agissements se sont déroulés dans un cadre thérapeutique, où se tissent des relations de confiance entre le personnel et les patients.

Aux pros de juger

Les différents mandats de ce médecin indépendant auprès des institutions concernées ont été revus. Toute sa carrière dépend maintenant de la décision du Conseil de santé. «Des mesures, notamment d'encadrement, ont déjà été prises», précise le médecin cantonal vaudois, Karim Boubaker. Plusieurs options sont envisageables avant d'en arriver à empêcher un médecin de pratiquer et de gagner sa vie. Les sanctions vont de l'avertissement à l'amende jusqu'à 200'000 francs.

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