Actualisé 21.06.2008 à 15:29

Un quart de finale tout en contrastes entre l'Espagne et l'Italie

Des challengers permanents face à des champions accomplis. Des jeunes contre des vieux. Des diesel opposés à des moteurs turbo.

Les contrastes ne peuvent être plus grands entre l'Espagne et l'Italie, qui s'affrontent dimanche en quart de finale de l'Euro de football.

Les Espagnols ont conquis un seul titre majeur, l'Euro 1964 qu'ils avaient organisé, tandis que les Italiens ont remporté il y a deux ans seulement leur quatrième Coupe du monde.

L'Espagne aligne la troisième équipe la plus jeune du tournoi avec une moyenne d'âge de 26,44 ans. Les Italiens, avec 29,14 ans de moyenne d'âge, sont les plus vieux de la compétition.

En phase de poules, les Espagnols ont impressionné avec trois victoires consécutives contre la Russie, l'Espagne et la Grèce et huit buts marqués. L'Italie a entamé son tournoi de la plus mauvaise des façons en s'inclinant 3-0 contre les Pays-Bas avant d'arracher le nul 1-1 contre la Roumanie et de battre la France 2-0 à onze contre dix.

«Avec leur palmarès, ils sont favoris», juge pourtant l'attaquant espagnol Fernando Torres. «Peut-être qu'ils n'ont pas été brillants en phase de poules, mais à la Coupe du monde (2006) c'était la même chose et ils ont fini par gagner.»

L'Espagne n'a pas battu l'Italie dans une compétition majeure senior depuis les Jeux olympiques d'Anvers en 1920.

«Je ne veux pas connaître les statistiques», a déclaré le sélectionneur italien Roberto Donadoni. «Tout ce que je peux dire c'est que l'Espagne est en grande forme. Si vous ne les prenez pas tout de suite, ça risque de devenir très compliqué. On sait ce qu'ils mettent sur la table.»

Au mois de mars, l'Espagne a battu l'Italie 1-0 en match amical grâce à un but de David Villa, meilleur buteur de l'Euro avec quatre buts à son actif.

L'Espagne reste sur une série de 19 matches sans défaite, mais les joueurs ibères ont la mauvaise habitude de ne pas dépasser les quarts de finale dans les grandes compétitions. Lors du dernier Mondial, les Espagnols étaient sortis brillamment de la phase de poules avant de se faire éliminer par la France en huitièmes de finale.

«L'Euro débute maintenant», a affirmé Torres. «C'est le match le plus important pour tous les joueurs de cette équipe et pour le pays. Tous les supporters sont tout autant motivés. Nous savons que c'est très important pour l'histoire de l'Espagne et pour nous aussi.»

Au Ernst Happel Stadium de Vienne, les deux équipes se rencontreront pour la première fois en match officiel depuis la Coupe du monde 1994. Aux Etats-Unis, un but marqué en fin de rencontre par Roberto Baggio avait permis à l'Italie de s'imposer 2-1 et d'atteindre les demi-finales. Les Espagnols se souviennent comment le défenseur italien Mauro Tassotti avait cassé le nez de l'attaquant Luis Enrique dans le temps additionnel.

La presse espagnole a d'ailleurs fait du match de dimanche celui de toutes les rancunes.

«J'avais été suspendu six matches. J'ai raté la finale de la Coupe du monde et je n'ai plus jamais joué pour l'Italie», a déclaré Tassotti au journal sportif espagnol Marca. «Que veulent-ils de plus?»

Dimanche soir, l'Italie sera handicapée au milieu de terrain par les absences d'Andrea Pirlo et de Gennaro Gattuso, suspendus. Massimo Ambrosini et Alberto Aquilani devraient logiquement les remplacer. Le défenseur Andrea Barzagli est indisponible jusqu'à la fin du tournoi à cause d'une blessure au genou gauche contractée jeudi. L'Italie était déjà privée de son capitaine Fabio Cannavaro, blessé aux tendons de la cheville avant le début de la compétition.

Cannavaro est resté avec ses équipiers et le défenseur du Real Madrid a de nombreux conseils à donner sur les joueurs espagnols.

«Ils ont beaucoup de talent individuel. Et il faut un pistolet guidé au radar pour arrêter leurs deux attaquants, Torres et Villa», a prévenu l'ancien Ballon d'Or. (ap)

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