Actualisé 03.12.2014 à 14:09

Nigeria

Un raid de Boko Haram sème le chaos: 150 morts

Plus de 150 personnes, dont 44 membres des forces de sécurité, ont été tuées dans le raid lancé lundi par le groupe islamiste Boko Haram sur la ville de Damaturu (nord-est).

Des membres des milices privées anti-Boko Haram.

Des membres des milices privées anti-Boko Haram.

Selon un haut responsable des secours et une source médicale à l'Hôpital Sani Abacha de la ville, 115 corps ont été amenés à la morgue après l'attaque qui a duré plusieurs heures. Six soldats ont également été tués, a-t-on ajouté, tandis que le porte-parole de la police nigériane, Emmanuel Ojukwu, a déclaré que 38 policiers étaient également morts. Sur les 115 cadavres de la morgue, qui tous portaient des vêtements civils, deux étaient médecins. Trois autres étaient un salarié de l'école polytechnique fédérale de l'Etat de Yobe, dont Damaturu est la capitale, et ses deux enfants.

Scènes de «chaos»

Selon la source médicale, une partie des autres victimes étaient des insurgés. «Parmi les policiers, nous avons 38 morts», a précisé le porte-parole de la police Ojukwu. Selon le responsable des secours, 78 personnes ont également été blessées, dont 53 ont quitté l'hôpital après avoir reçu de soins. Aucun bilan n'avait encore été donné après l'attaque lancée lundi à l'aube par un grand nombre d'hommes armés qui avaient incendié les locaux de la police. Des membres des milices privées anti-Boko Haram de la ville avaient seulement affirmé que plus de 40 islamistes avaient été abattus lors des combats. Ni l'armée ni le Gouvernement de l'Etat de Yobe, interrogés par l'AFP, n'ont voulu commenter le nouveau bilan.

La plupart des policiers ont été tués dans les locaux de la police de Gujba Road, a déclaré M. Ojukwu, confirmant des témoignages recueillis le jour de l'attaque. Des témoins avaient aussi décrit des scènes de «chaos», avec des affrontements opposant les islamistes aux forces de l'ordre à proximité d'une prison où sont détenus des membres présumés de Boko Haram, attenante à la résidence du gouverneur de l'Etat. Le porte-parole de l'Etat de Yobe, Adullahi Bego, avait affirmé lundi soir que les forces de sécurité avaient ont pu repousser l'attaque grâce à une intervention «aérienne et terrestre».

Déjà plus de 120 morts vendredi

Ce très lourd bilan à Damaturu suit de quelques jours à peine une tuerie qui a fait plus de 120 victimes vendredi devant la grande mosquée de Kano, principale ville du nord du Nigeria. L'attentat a été attribué à Boko Haram, groupe extrémiste qui a lancé depuis 2009 une insurrection armée pour imposer la création d'un Etat islamique dans cette partie du Nigeria à majorité musulmane.

Lundi également, le jour de l'attaque de Damaturu, deux femmes kamikazes se sont fait exploser sur un marché de Maiduguri, fief de Boko Haram et capitale de l'Etat voisin de Borno, attentat pour lequel aucun bilan n'était encore disponible. Moins d'une semaine auparavant deux autres femmes avaient déjà fait plus de 45 morts à Maidiguri.

Selon la source médicale interrogée, les secouristes continuent la recherche de victimes éventuelles aux alentours de Damaturu. «Des gens ont pu mourir de blessures reçues au moment où ils tentaient de fuir.» (afp)

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