Actualisé 19.05.2007 à 14:00

Un raid militaire anti-FARC provoquerait un bain de sang

COLOMBIE - Les otages pourraient être tués si l'armée a recours à la force pour tenter de les libérer, estime le policier qui vient de s'évader après huit ans entre les mains de la guérilla.

Au cours de sa première interview à la télévision colombienne, Jhon Frank Pinchao a jugé qu'une opération militaire risque de se terminer en bain de sang. Il a fait cette déclaration alors que le président Alvaro Uribe a choisi l'option militaire, donnant l'ordre à l'armée de préparer une opération de libération.

«Messieurs les généraux, nous allons sauver Ingrid Betancourt», a-t-il déclaré au cours d'une cérémonie militaire à Bogota. «Et qu'il n'y ait pas de doute au Congrès américain sur le fait que nous allons secourir militairement les trois otages américains des FARC».

«Nous savions qu'une opération de secours signifierait dans la pratique la mort des otages», a déclaré quant à lui Jhon Frank Pinchao. «Mais si cela avait été mon destin de mourir dans une opération de secours, au moins j'aurais pu avoir l'espoir que ma famille ait un cadavre, l'apaisement de pouvoir m'enterrer, et non l'incertitude d'une disparation indéfinie».

Au cours de cette interview de 40 minutes, Pinchao a précisé que les trois otages américains, Marc Gonsalves, Tom Howes et Keith Stansell, étaient arrivés dix mois plus tôt au camp des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) où il était détenu avec l'ancienne candidate à la présidentielle Ingrid Betancourt et huit autres otages.

Selon Pinchao, la mission de leurs gardiens était de garder leurs prisonniers vivants, mais «s'il n'y avait plus moyen de le faire, ils n'avaient pas le droit de laisser l'armée nous libérer non plus».

Pinchao a expliqué avoir méthodiquement planifié son évasion pendant des mois, avant de saisir l'occasion de pluies torrentielles ayant provoqué un relâchement de la sécurité des FARC.

Au sujet d'Ingrid Betancourt, il a déclaré: «elle est forte et a beaucoup de courage, qui a fait que les guérilleros la respectent (...) mais ils l'ont punie» pour ses tentatives d'évasion, en l'enchaînant par le cou, parfois des jours voire des mois d'affilée. (ap)

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