Moyen-Orient: Un ramadan sous la menace de la grippe
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Moyen-OrientUn ramadan sous la menace de la grippe

Les musulmans du Moyen-Orient se préparent au ramadan sous la menace de la grippe A et déjà l'afflux de pèlerins est en recul à La Mecque qui à cette occasion rassemble traditionnellement des centaines de milliers de fervents pour le petit pèlerinage de la Omra.

Les arrivées à La Mecque ont progressé cette semaine à la veille du ramadan qui commence vendredi ou samedi, selon des habitants de la ville sainte de l'ouest de l'Arabie saoudite, mais elles restent très en deçà de la normale.

Avec les restrictions de l'Iran, de l'Egypte et d'autres pays pour le petit pèlerinage (Omra), l'économie de La Mecque risque de souffrir.

En Europe, les représentants officiels des musulmans de France ont également «déconseillé» mardi à leurs coreligionnaires d'effectuer cette année le petit pèlerinage à l'occasion du ramadan.

Dans la région, les craintes de contamination peuvent aussi ne pas faire l'affaire des professionnels de l'iftar, le repas de rupture du jeûne, et des loisirs liés au ramadan.

Saad al-Qurachi, de la Chambre de commerce et de l'industrie de La Mecque estime que l'activité économique de la ville sainte pourrait régresser de 40% pendant les mois à venir en raison de la grippe A.

«Pour la Omra durant le ramadan, nous avons enregistré de nombreuses annulations», renchérit Naseem Khan de l'hôtel Mercure Grand Umm al Qura, qui accueille notamment des pèlerins européens. «Nous sommes affectés à la fois par la crise économique et la grippe A», dit-il.

Habituellement, des centaines de milliers de personnes se rendent durant le ramadan à La Mecque pour le petit pèlerinage qu'on peut accomplir tout au long de l'année contrairement au Hajj, ou grand pèlerinage, qui a des dates fixes et qui tombe cette année vers la fin novembre.

La Omra est plus facile à entreprendre car elle n'est pas soumise aux autorisations et au système de quota par pays du Hajj, l'un des cinq piliers de l'islam que tout croyant est censé accomplir s'il en a les moyens.

Les mises en garde des gouvernements et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont accentué les craintes des risques de contamination dans les lieux où se rassemblent les foules.

Cette semaine, l'Arabie saoudite a annoncé que le nombre de malades avait atteint les 2000 et les cas mortels 14 depuis que la maladie a été signalée dans le pays le 3 juin.

Le virus A(H1N1) touche actuellement la majorité des pays de la région, le Koweït et le Yémen annonçant mercredi leurs premiers cas mortels.

La première victime de la région était une Egyptienne morte le 19 juillet à son retour de La Mecque et peu après, les ministres arabes de la Santé ont décidé de suivre les recommandations de l'OMS déconseillant la Omra et le Hajj aux plus de 65 ans, aux femmes enceintes et aux moins de 12 ans.

Les Saoudiens n'effectuent pas de contrôles obligatoires à l'entrée mais demandent aux pays de départ de le faire et certains dans le royaume estiment que le pays, qui se veut le gardien des lieux saints de l'islam que sont La Mecque et Médine ne peut interdire ni la Omra ni le Hajj.

Début août, l'Iran a interdit tout voyage en Arabie saoudite pendant le ramadan tandis que l'Egypte, l'un des gros pourvoyeurs de pèlerins, a décidé d'interdire la Omra aux plus de 65 ans et aux moins de 25 ans.

Lundi, les autorités égyptiennes ont empêché 200 personnes, particulièrement exposées au risque de contamination, d'embarquer pour La Mecque.

Au Koweït où plus de 900 malades ont été recensés, les autorités ont demandé un report de la Omra notamment pour les personnes les plus fragiles. Le ministère de la Santé a conseillé aux Koweïtiens de ne pas s'embrasser et de ne pas se serrer la main lors des cérémonies de voeux pour le début du ramadan. (afp)

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