Renens (VD): Un rappeur chante son rêve de tuer des flics
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Renens (VD)Un rappeur chante son rêve de tuer des flics

Un morceau du Vaudois Astreet attaque les pandores avec une violence inouïe. En souvenir d'une intervention musclée.

par
Raphaël Pomey
Astreet reste très remonté. (POM)

Astreet reste très remonté. (POM)

«Cordiales salutations à tous ces enfants de putes / J'te parle de tous ces keufs de merde qui ont rien dans le fut' / Le corps d'un flic mort, voilà ce qui hante mes rêves / Je veux tous qu'ils crèvent, man (...)» Derrière ce flot d'amabilités se cachent les paroles de «Sale schmit» («policier», dans la langue de la rue). Mis en ligne le week-end dernier, ce rap du Vaudois Astreet exprime la colère du jeune homme, qui dit avoir été frappé par des agents d'élite alors qu'il était menotté, en 2009. «Alors comprends que j'ai la haine et que j'ai envie de les tuer», assène encore le morceau, en référence à cet épisode.

Aujourd'hui rangé des voitures et père de famille, l'artiste au sang chaud dit avoir exprimé ainsi une colère qu'il a «portée en lui» durant deux ans. «J'avais besoin de faire ce son», explique-t-il. «Il ne s'agit pas d'un appel au meurtre, note Nono, du site stereotype.ch, qui propose le titre en téléchargement. «Astreet parle de son vécu. Ce sont ses émotions.» Il dit avoir «balancé» ce titre à ses visiteurs «au nom de la liberté d'expression».

Ces «émotions» n'enchantent guère le commandant de la police de l'Ouest lausannois, Christian Séchaud: «Je trouve la musique pas mal. Pour ce qui est des paroles…» Son homologue de Police Riviera, Ruben Melikian, se montre, lui, plutôt fataliste: «Mieux vaut qu'ils expriment leur haine en musique plutôt que dans la réalité.»

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