Affaire UBS: Un rapport accablant pour le gouvernement

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Affaire UBSUn rapport accablant pour le gouvernement

Les commissions de gestion du Parlement tirent à boulets rouges sur le Conseil fédéral pour sa gestion de l'affaire UBS aux Etats-Unis.

Les conseillers fédéraux Micheline Calmy-Rey, Hans-Rudolph Merz et Eveline Widmer-Schlumpf ont été montrés du doigt mercredi, pour leur gestion de l'affaire. (Photo: Keystone)

Les conseillers fédéraux Micheline Calmy-Rey, Hans-Rudolph Merz et Eveline Widmer-Schlumpf ont été montrés du doigt mercredi, pour leur gestion de l'affaire. (Photo: Keystone)

Dans leur rapport sur l'affaire UBS, les commissions de gestion (CdG) s'inquiètent lundi du «pilotage défaillant du Conseil fédéral». Autre cible de leurs critiques, le «cloisonnement catastrophique» par départements au détriment d'un fonctionnement collégial du gouvernement.

A la tête du DFF, Hans-Rudolf Merz récolte les reproches les plus vifs. Tant pour ce qui est de la crise financière que pour les déboires d'UBS aux Etats-Unis, le radical a fait cavalier seul, omettant d'informer à temps le collège par «crainte d'indiscrétions et de leur impact sur la bourse».

Manque de communication

«En agissant comme il l'a fait, le chef du DFF a privé son département et le Conseil fédéral d'éventuelles options d'action, ce que les CdG considèrent comme une erreur fatale».

Les ministres des affaires étrangères Micheline Calmy-Rey et de la justice Eveline Widmer-Schlumpf en prennent aussi pour leur grade. Alors qu'elles étaient informées de l'affaire, elles «ne sont à aucun moment remontées au Conseil fédéral», s'est indigné Pierre- François Veillon (UDC/VD).

Autre reproche: le retard avec lequel le Conseil fédéral a réagi à la crise des subprime. D'avril à septembre 2008, il ne s'en est pas préoccupé.

Le gouvernement s'est ensuite «démis totalement de sa responsabilité en cédant à la Commission fédérale des banques la prise de mesures nécessaires pour sauver l'UBS du naufrage» aux Etats-Unis, selon le rapport.

Tête pas réclamée

Si le rapport n'épargne pas le grand argentier, aucun parti n'a réclamé sa tête lundi. «Même les socialistes n'ont pas demandé sa démission», a lancé le président du PLR Fulvio Pelli. Il n'empêche que, pour le PS, le conseiller fédéral a été «clairement dépassé», tandis que l'UDC parle de «défaillance».

«On est toujours plus intelligent après», rétorque la cheffe du groupe libéral-radical Gabi Huber. Au reproche de manque de communication adressé par le rapport, le PLR répond prudence et confidentialité. Contactés par l'ATS, les services de M. Merz n'ont pas voulu prendre position.

CEP ou pas CEP

Quant à la possibilité de mettre sur pied une commission d'enquête parlementaire (CEP), les avis divergent toujours. Les CdG n'en veulent pas.

Les conclusions de la CEP ne seraient pas disponibles avant un an. Or le temps presse: il y a actuellement une fenêtre d'opportunité pour agir, qui va se refermer, a expliqué Maria Roth- Bernasconi (PS/GE).

Du côté des partis, les fronts restent inchangés: le PS, l'UDC et les Verts sont plus convaincus que jamais de l'utilité d'une CEP. Le PLR et le PBD jugent toujours l'exercice inutile, tandis que le PDC hésite. Le Parlement aura le dernier mot.

L'UBS appelée à la transparence

La plupart des partis se retournent contre l'UBS. Le PS s'interroge sur le rôle joué par la grande banque sur le déroulement du processus, tandis que PLR et PDC attendent qu'elle fasse la lumière sur sa propre gestion de la crise.

Le monde bancaire s'est bien gardé de commenter les critiques formulées lundi. L'UBS se dit prête à coopérer pleinement si l'autorité de surveillance des marchés financiers (FINMA) devait entreprendre d'autres investigations à son égard.

La grande banque mettrait à disposition toutes les informations requises le cas échéant, comme elle estime l'avoir fait jusqu'à présent. Elle ne souffle mot en revanche de la recommandation des CdG de faire la lumière en mandatant un groupe d'experts indépendants. (ap)

Hans-Rudolf Merz échappe aux journalistes

Hans-Rudolf Merz a réussi à échapper aux journalistes lundi à son arrivée au Conseil des Etats. Alors que les médias l'attendaient en nombre pour connaître sa réponse aux critiques émises à son encontre dans le rapport des commissions de gestion, le conseiller fédéral a emprunté une autre porte. Le ministre des finances a ainsi pu s'installer sans commentaire devant la Chambre des cantons pour l'examen de l'accord sur la facilitation et la sécurité douanières.

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