Genève: Un rapport homosexuel et un déferlement de violence

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GenèveUn rapport homosexuel et un déferlement de violence

Un jeune Kosovar comparaît devant le Tribunal criminel. Il avait massacré un Onésien au printemps 2013.

par
Jérôme Faas
La victime avait été retrouvée dans son garage du chemin de la Traille, à Onex.

La victime avait été retrouvée dans son garage du chemin de la Traille, à Onex.

Entre 25 et 37 coups, dont huit mortels, assénés avec un cric, puis deux tournevis; le cœur perforé, le crâne aussi. Le 24 mai 2013, dans un box à voitures d'Onex où il vivait depuis peu, l'accusé n'a pas seulement tué M., son logeur. Ce jeune Kosovar «a fait preuve d'une sauvagerie incroyable», observait la procureure ce mardi au tribunal. Pourquoi? Le mystère demeure. Elle a requis 18 ans de prison pour assassinat.

Le déchaînement de violence contre le trentenaire, un enfant de la région, est admis. C'est sa genèse qui fait débat. La victime est homosexuelle. L'accusé nie l'être. Avant la déferlante de coups, le Balkanique a sodomisé M. Il assure l'avoir fait sous la contrainte, menacé de mort, frappé, insulté. Il aurait même subi une fellation contre son gré, figé par la peur. Bref, avant de tuer, il aurait été agressé.

Le Parquet balaie la thèse. Comment imaginer que l'accusé, 1,90 m, fort, ait craint sa victime, 1,71 , nue, désarmée? Qu'il ne se soit pas défendu ni n'ait fui? Et la sodomie «nécessite une excitation forte». Comment le prévenu, se disant ni homosexuel ni consentant, l'aurait-il menée à bien? Impossible, dit le médecin.

Avocate de la famille du défunt, Me Lorella Bertani appuie. «Un mort ça peut être l'objet de toutes les calomnies. Dans tous les assassinats, on entend la même chose. Mais d'habitude, tout de même, on regrette que le mort soit mort. Je n'ai entendu aucun regret.» La défense plaidera mercredi matin.

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