Genève: Un record pour dénoncer la violence faite aux femmes
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GenèveUn record pour dénoncer la violence faite aux femmes

Des centaines de personnes se sont assises sur un seul et même banc, à la Treille. Une opération originale afin de lutter contre les violences conjugales.

par
David Ramseyer

Un record du monde est tombé pour la bonne cause, ce samedi. A l'appel de «Solidarité Femmes» et du club de service «Soroptimist Genève-Fondateur», plus de 300 personnes ont pris place sur un seul et même banc, à la Treille. Derrière les sourires d'avoir réussi pareille opération, il y avait de la douleur pour certains participants, et pour tous, la nécessité de lutter et de dénoncer un fléau: la violence conjugale.

10% des femmes concernées

A Genève, une femme sur dix est victime de violences psychologiques ou physiques dans son couple. «Cela commence souvent par des insultes et le dénigrement avant de passer aux coups, aux contraintes sexuelles aussi», explique Donatella Benjamin, membre de Soroptimist. Il n'existe pas de profil type de la victime. «Les violences conjugales touchent tous les âges, quels que soient le niveau d'éducation, la classe sociale et la nationalité.»

Il est vital d'en parler

Les chiffres ne disent pas tout. De nombreuse personnes ne se rendent pas compte qu'elles sont victimes de violence dans leur couple: elles imaginent que leur situation est certes difficile, mais normale. Ou alors elles n'osent pas en parler, et encore moins porter plainte. «Justement, dans ces cas-là il ne faut pas rester isolé, il faut s'adresser à des proches. Les victimes doivent prendre conscience qu'elles ne sont pas seules dans leur malheur», souligne Donatella Benjamin.

Au-delà des drames il y a aussi de l'espoir: «Aujourd'hui, les femmes ont de plus en plus le réflexe de dénoncer leur cas.» Une tendance que Elise Jacqueson-Maroni, porte-parole de Solidarité Femmes, attribue aux multiples campagnes d'information mises sur pied par les associations, mais aussi par la police, les organismes d'assistance sociale et les médecins.

Contre la violence faite aux femmes

Anabelle*, 26 ans, témoigne:

"J'ai mis six mois à me rendre compte que je subissais des violences psychiques de la part de mon compagnon, qui s'est révélé être un pervers narcissique. Il m'envoyait tout le temps des piques, avait trouvé mes points faibles, mes points sensibles, et appuyait continuellement dessus. Je me suis isolée de mes proches, j'étais toujours angoissée et surtout, dénigrée par mon compagnon, je me sentais coupable de tout.

Lorsqu'il est parti étudier à l'étranger, cela a continué au téléphone. J'ai finalement contacté une amie qui est psy. On a beaucoup parlé, elle m'a conseillée de faire appel à une structure d'aide. J'ai rompu avec mon compagnon. Aujourd'hui, j'ai un autre homme dans ma vie.

Il restera toujours quelques chose en moi de cette malheureuse expérience. Mais paradoxalement, elle m'a rendue aujourd'hui plus forte."

*Prénom d'emprunt

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