Actualisé 03.07.2012 à 13:45

Syrie Un réseau de 27 centres de torture mis au jour

Les services des renseignements syriens ont mis en place un réseau de 27 centres de torture, a affirmé l'ONG Human Rights Watch mardi. Les détenus y sont battus, brûlés ou encore agressés sexuellement.

L'organisation humanitaire précise que ces centres de torture sont répartis dans les régions de Damas, Alep, Homs, Lattaquié, Idlib et Deraa, et sont utilisés depuis le début de la répression du soulèvement antigouvernemental, en mars 2011.

HRW détaille 21 méthodes utilisées: les détenus sont battus à coups de bâton ou de câble, brûlés à l'acide, leurs ongles sont arrachés. Elle y voit «une politique d'Etat de torture et de mauvais traitements, ce qui constitue un crime contre l'humanité».

Le rapport de l'ONG repose sur le recueil de plus de 200 témoignages de personnes affirmant avoir été torturées.

Humiliés et torturés

Un homme de 31 ans détenu dans la province d'Idlib, en juin, explique ainsi avoir dû se déshabiller. «Ils ont mis des agrafes dans mes doigts, sur ma poitrine et mes oreilles. Je n'avais le droit de les enlever que si je parlais.»

«Ils ont utilisé deux câbles reliés à une batterie de voiture pour m'électrocuter. Ils ont tiré avec un pistolet électrique sur mes parties génitales à deux reprises. J'ai cru que je n'allais plus jamais revoir ma famille. Ils m'ont torturé ainsi à trois reprises en trois jours.»

Selon le rapport, des dizaines de milliers de personnes ont été détenues par les services de renseignements militaires, la police politique, les services généraux de renseignements et les services de renseignements de l'armée de l'air.

Sanctions exigées

HRW appelle le Conseil de sécurité de l'ONU à porter le cas syrien devant la Cour pénale internationale (CPI) et à adopter des sanctions ciblées envers les responsables de ces abus.

L'ONG exhorte en outre la Russie et la Chine à ne plus vendre d'armes à la Syrie, à ne plus «protéger le gouvernement syrien», et à adopter les sanctions envisagées par le Conseil de sécurité, ce que les deux pays ont, par deux fois, refusé de faire en utilisant leur droit de veto.

Le haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a réaffirmé lundi sa volonté de voir le cas syrien examiné par la CPI, en raison de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre susceptibles d'avoir été commis dans les deux camps. Selon l'ONU, plus de 10'000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit, il y a près de seize mois. (ats)

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