Un responsable socialiste exclu pour dérapage verbal sur les Bleus

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Un responsable socialiste exclu pour dérapage verbal sur les Bleus

Le président de la région Languedoc-Roussillon a été exclu définitivement du parti socialiste français samedi.

Georges Frêche avait jugé anormalement élevé le nombre de joueurs noirs dans l'équipe nationale de football.

C'est la commission des conflits du PS qui a pris cette décision après une réunion à Paris. La candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal, que Georges Frêche dit soutenir, s'était prononcée pour cette exclusion.

«Il est apparu aux membres de la commission que, sans conteste, ces propos - au-delà de leur caractérisation pour le droit - ne sont pas compatibles avec les valeurs d'égalité et de respect des Droits humains qui fondent depuis toujours l'engagement du PS et sont contenues dans sa déclaration de principe mais aussi (...) dans les principes constitutionnels de notre république», dit le PS dans un communiqué.

«J'ai honte pour ce pays»

M. Frêche avait déclaré à la mi-novembre que l'équipe de France, souvent présentée comme un modèle d'intégration avec ses joueurs originaires d'Afrique ou du Maghreb, comptait «neuf 'blacks' sur onze. La normalité serait qu'il y en ait trois ou quatre. Ce serait le reflet de la société. Mais là, s'il y en a autant, c'est parce que les blancs sont nuls», avait-il dit devant le conseil d'agglomération de Montpellier, selon un compte rendu du Midi libre.

«J'ai honte pour ce pays. Bientôt, il y aura onze blacks. Quand je vois certaines équipes de foot, ça me fait de la peine», avait- il ajouté. Ces propos avaient suscité les protestations de toute la classe politique et de nombreuses associations.

Samedi, Georges Frêche, estimant que la décision était «jouée d'avance», ne s'est pas déplacé à Paris pour participer à la réunion, qui a duré près de quatre heures.

L'ancien maire de Montpellier a annoncé avant la décision qu'il ne souhaitait pas abandonner ses mandats électifs de président de région et président de l'agglomération de Montpellier. Il a dénoncé des méthodes «staliniennes».

«Méthode stalinienne»

«C'est un procès de l'inquisition qui rappelle les pires moments du stalinisme. On offre ma tête au peuple en espérant gagner quelques voix dans les DOM (départements d'outre-mer). On verra», a dit l'élu vendredi. Ségolène Royal est ce week-end en déplacement aux Antilles.

Jeudi, Georges Frêche a été condamné à 15 000 euros d'amende pour avoir qualifié des harkis (anciens supplétifs de l'armée française en Algérie) de «sous-hommes» le 11 février 2006 lors d'une cérémonie publique. La justice a qualifié ces propos d'»injure envers un groupe de personnes en raison de son appartenance ethnique, raciale ou religieuse».

Cette affaire lui avait déjà valu une suspension pour deux ans des instances nationales de son parti.

Sanction rare

Agé de 68 ans, Georges Frêche était parmi les fondateurs du PS en 1972 et il a été élu député de ce parti dès 1973. Il a été maire de Montpellier de 1977 à 2004.

Ses dérapages verbaux, souvent en rapport avec les communautés immigrées, ont de longue date suscité des polémiques judiciaires et politiques.

Sanction rare au PS, l'exclusion est habituellement prononcée pour cause d'indiscipline, comme pour l'ancien ministre Roland Dumas. Ce dernier avait été exclu en 2002 pour deux ans pour avoir pris parti contre un candidat socialiste lors d'une campagne législative.

(ats)

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