Actualisé 06.12.2015 à 22:40

Régionales en France«Un résultat magnifique» pour Marine Le Pen

Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen ont obtenu plus de 40% des suffrages au 1er tour des élections régionales. Au niveau national, le Front national devient le premier parti de France.

Le parti Front national (extrême droite) est arrivé dimanche en tête dans au moins six régions sur 13 au premier tour des élections régionales en France, où il enregistre un score record de 27,2 à 30,8%, selon des estimations d'instituts de sondage.

Le FN devance notamment largement l'opposition de droite et les socialistes du président François Hollande dans trois régions clés: au nord (Nord-Pas-de-Calais-Picardie), où se présente sa présidente Marine Le Pen, dans le sud-est (Provence-Alpes-Côte d'Azur), où il est emmené par sa nièce Marion-Maréchal Le Pen, et dans l'est (Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine), avec le stratège du parti, Florian Philippot.

Dans le nord, c'est «un résultat magnifique que nous accueillons avec humilité», a déclaré Marine Le Pen. «Nous avons vocation à réaliser l'unité nationale dont le pays à besoin», a-t-elle affirmé. Dans le sud, «42% ! Merci !», a twitté Marion Maréchal-Le Pen (voir ci-dessous).

Plus de 40% pour les Le Pen

En Nord-Pas-de-Calais/Picardie, Marine Le Pen obtient une fourchette entre 40,3% et 42,1% des suffrages, devant la droite et le PS. Le candidat de la droite et du centre, Xavier Bertrand, est donné loin derrière, entre 24,2 et 25% des suffrages, devant celui du PS Pierre de Saintignon (17,7% à 18,4%).

En Provence-Alpes-Côte d'Azur, Marion Maréchal-Le Pen (FN) réalise 41,2% à 41,9% des voix, devant les listes de droite de Christian Estrosi (24 à 26%) et du PS Christophe Castaner (15,8 à 18,1%). La liste EELV-Front de gauche de Sophie Camard obtient entre 4,9% et 7,1%, tandis qu'aucune autre ne dépasse les 5%.

Florian Philippot (FN) arrive largement en tête en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne, entre 35 et 39,6% des voix, devant Philippe Richert (LR/UDI/Modem) avec 22,6% à 26% des voix et le PS Jean-Pierre Masseret (16,1 à 16,7%). L'écologiste Sandrine Bélier obtient entre 5,9 et 6,8% des voix, le régionaliste Jean-Georges Trouillet entre 4,2 et 5,3%.

Le compagnon de Mme Le Pen, Louis Aliot, arrive lui aussi en tête avec 30,9% en Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon, plus de cinq points devant Carole Delga (PS, 25,5%), le candidat LR Dominique Reynié se retrouvant en position de retrait à 18,6%. En Bourgogne-Franche-Comté, Sophie Montel voit sa liste arriver en tête avec 32,1% devant la droite de François Sauvadet (23,5%) et le PS (22,8%). Enfin, en région Centre, le FN est premier avec 30,5%, devant la droite à 25,8% et le PS à 24,5%.

Après avoir déjà réalisé une percée spectaculaire en pourcentage lors des européennes de 2014 (24,9%) puis aux départementales de mars (25,2%), deux records consécutifs, le FN atteindrait ainsi une nouvelle marque maximale, moins d'un an et demi avant la présidentielle de 2017.

A droite, en Rhône-Alpes-Auvergne, les Républicains emmenés par Laurent Wauquiez seraient en tête à 29,5%, devant le FN à 27,4% et le PS à 23,4%, selon OpinionWay. Résultats similaires en Normandie, où la liste de droite emmenée par l'ancien ministre centriste Hervé Morin est créditée de 28,8%, de peu devant le FN de Nicolas Bay (27,2%) et le PS à 23,3%, selon Ipsos.

En Ile-de-France, les premières estimations, tombées vers 21 heures en raison d'une fermeture des bureaux de vote plus tardive, donnent Valérie Pécresse (Les Républicains, 30,5%) devant Claude Bartolone (25,4%, PS) et Wallerand de Saint Just (FN, 18,7%).

PS bien placé dans trois régions

A gauche, le PS limite la casse dans les trois régions qu'il espère conserver. Le parti confirme son statut de favori en Bretagne, malgré la campagne en pointillé de la tête de liste Jean-Yves Le Drian, assuré s'il s'impose de rester ministre de la Défense. Selon Ipsos, le PS obtient 34,7% des suffrages, LR 22,4% et le FN 18%

En Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, Alain Rousset (PS) est crédité de 31,5%, nettement devant la liste de droite de Virginie Calmels (25,9%) et le FN (22,8%).

Côté abstention, selon les projections publiées par cinq instituts de sondages publiées en fin d'après-midi, l'abstention devrait s'établir à la clôture du scrutin entre 49% et 49,8%. Elle serait ainsi près de quatre points inférieurs à celle du premier tour des régionales de 2010 (53,6%).

Sarkozy refuse toute alliance

Comme attendu, la question du retrait ou du maintien des listes arrivées en 3e position à l'issue du 1er tour, dans les régions où le FN peut l'emporter en triangulaires, devait dominer les débats dimanche soir. Des décisions difficiles à prendre, le retrait d'une liste signifiant pour un parti de n'avoir aucun élu au conseil régional pendant près de six ans.

Dès l'annonce des résultats, l'ancien président français Nicolas Sarkozy, chef de l'opposition de droite, a exclu dimanche soir toute alliance avec la gauche au second tour. Il s'est prononcé pour qu'il n'y ait «ni fusion» avec les socialistes, «ni retrait» des listes de son parti Les Républicains, qui représente «la seule alternance possible» dans les régions susceptibles de tomber dans l'escarcelle du Front national.

L'influence des attentats

Les Républicains entendent pour leur part se maintenir quoi qu'il arrive. Ils tiennent un bureau politique exceptionnel lundi matin sous la présidence du chef de l'opposition Nicolas Sarkozy.

Promis à une large victoire avant les attentats de Paris, le parti Les Républicains de l'ancien président de droite Nicolas Sarkozy avait vu ces dernières semaines les intentions de vote en sa faveur s'éroder au profit du Front national. Le deuxième tour des régionales est prévu le 13 décembre.

Ce scrutin est le dernier prévu en France avant la présidentielle de 2017, pour laquelle Marine Le Pen est aussi donnée en tête des intentions de vote au premier tour.

(20 minutes/ats/afp)

Le FN en tête dans deux régions voisines de la Suisse

Le Front national a également terminé en tête dans deux des trois régions voisines de la Suisse d'après plusieurs estimations.

Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes grâce à son vice-président Florian Philippot. M. Philippot est ainsi donné en tête avec 35% des voix pour sa liste en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes, près de dix points devant Philippe Richert (LR-UDI-Modem) avec 26%, selon Ipsos. Le PS, mené par Jean-Pierre Masseret, est très loin à 16,7% des voix.

Bourgogne-Franche-Comté, la frontiste Sophie Montel voit sa liste arriver en tête avec 32,1% devant la droite de François Sauvadet (23,5%). La sortante socialiste, Marie-Guite Dufay, obtient 22,8% des suffrages.

Rhône-Alpes-Auvergne, les Républicains emmenés par Laurent Wauquiez seraient en tête à 29,5%, devant la liste FN de Christophe Boudot à 27,4% et celle du PS avec Jean-Jack Queyranne à 23,4%.

Le PS retire ses candidats là où le FN peut gagner

Le Parti socialiste «fera barrage républicain». Il retirera ses candidats dans les régions où le Front national peut l'emporter au deuxième tour des élections régionales, a annoncé dimanche soir Jean-Christophe Cambadélis. Le premier secrétaire du PS a notamment cité les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur et Nord-Pas-de-Calais-Picardie, où le FN est arrivé largement en tête au premier tour. «Le Parti socialiste et la gauche seront présents là où le total gauche permet de l'emporter», a-t-il dit dans une déclaration au siège du PS, à Paris. «Dans les régions à risque Front national, où la gauche ne devance pas la droite, le Parti socialiste décide de faire barrage républicain», a-t-il ajouté.

Jean-Christophe Cambadélis a appelé au rassemblement de la gauche au second tour et fustigé le choix du parti Les Républicains de refuser toute fusion ou retrait des listes en faveur de la gauche. Le total des voix de gauche lors du premier tour «laisse espérer de nombreuses victoires» dimanche prochain, a souligné le premier secrétaire du parti.

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