Actualisé 03.03.2008 à 11:31

Un rêve de Maison Blanche qui s'effrite

Hillary Clinton, longtemps candidate naturelle des démocrates pour la présidentielle américaine de novembre, voit s'effriter son rêve de devenir la première présidente.

Elle doit affronter la pression de la vague Barack Obama.

Déjà entrée dans l'Histoire en étant auprès du président Bill Clinton la Première dame la plus engagée et la plus publiquement humiliée, la seule aussi à tenter une carrière politique en solo en se faisant élire sénatrice de New York, Hillary Clinton a longtemps paru invincible: la plus connue, la plus entourée, la plus riche de fonds de campagne, elle semblait ne devoir s'arrêter qu'à la Maison Blanche.

Mais après deux mois de primaires, elle n'est plus qu'une challenger en difficultés, réduite à un quitte ou double risqué, mardi lors des primaires de l'Ohio et du Texas. De l'aveu de Bill Clinton, si elle ne l'emporte pas dans ces deux Etats, ses chances d'obtenir l'investiture démocrate seront infimes.

Bilan accablant

Depuis les premières assemblées d'électeurs de l'Iowa le 3 janvier, Mme Clinton, 60 ans, n'a gagné que onze scrutins, contre 26 remportés par son charismatique rival Barack Obama, 46 ans.

Son équipe souligne qu'elle est victorieuse là où ça compte, dans les gros Etats (Californie, New York, New Jersey, Massachusetts), plutôt que dans des Etats modestes où le mode de scrutin (des assemblées d'électeurs, pour lesquelles l'équipe Obama a su mobiliser des bataillons organisés et enthousiastes) serait selon elle «pas le plus démocratique».

Mais après onze revers d'affilée, le bilan est accablant. Elle a remporté près d'un million de voix de moins que M. Obama, et aussi 95 délégués de moins, voire 155 si on ne retient que les délégués élus lors des primaires. Et non les dignitaires du parti (super- délégués) habilités à se prononcer comme ils l'entendent lors de la convention démocrate officiellement chargée de désigner le candidat, en août.

Argent mal géré

Un autre indice est révélateur: Mme Clinton a certes pulvérisé plusieurs records de collecte de fonds, mais Barack Obama a fait encore mieux, porté par l'enthousiasme de plus d'un million de donateurs au total.

Les autorités électorales ont en outre révélé une gestion imprudente des millions de la campagne, avec des émoluments royaux pour des stratèges rémunérés huit fois plus que ceux de Barack Obama.

Enfin Mme Clinton pourrait avoir payé sa loyauté, qui l'a conduite à remanier a minima son état-major, avec seulement deux conseillers connus limogés durant la série noire de défaites.

Sans relâche

Au moins partisans et adversaires lui reconnaissent sa ténacité: «Mme Clinton travaille sans relâche», a admis jeudi Barack Obama, se gardant bien de croire prématurément en la victoire.

De fait Hillary Clinton parcourt les Etats-Unis dans tous les sens, jusqu'à en perdre la voix certains jours, jusqu'à sembler à bout de nerfs parfois aussi.

Inlassablement, Hillary Clinton tente de démystifier Barack Obama et le magnétisme de ses discours. A l'en croire, les «mots» n'ont pas le même pouvoir que «le travail, le travail dur».

«Tant M. Obama que moi nous changerions l'Histoire. Mais l'un de nous seulement est prêt au premier jour à être commandant en chef, à gérer l'économie, et à vaincre les républicains. Un d'entre nous seulement a passé 35 ans à faire les choses, à se battre et à défendre les sans voix», martelait-elle récemment au soir d'une énième défaite.

(ats)

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