Un sans-abri saccage un kiosque

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Un sans-abri saccage un kiosque

Bouba, tout le monde le connaît. Il hante un abri de bus aux Eaux-Vives depuis plus d'un an. Lundi, il a «pété les plombs».

«Il a commencé par m'insulter puis il a renversé tous mes étalages à l'extérieur du magasin, raconte le vendeur du kiosque, choqué. Il a essayé de défoncer ma porte. J'ai eu très peur.» Un témoin a même vu l'agresseur se saisir d'un couteau. Il a fallu six policiers pour maîtriser Bouba. Ces derniers l'ont amené dans un fourgon à l'hôpital cantonal pour un contrôle médical et une désinfection.

«J'essaie d'être gentil avec lui. Je lui offre des boissons, du chocolat et je lui donne toujours 3 fr. ou 4 fr. pour son café, explique le vendeur. Il m'insulte et me dit que je veux l'empoisonner avec mon chocolat.»

Bouba est un personnage. «On ne connaît ni sa vraie identité, ni son âge – il doit avoir la cinquantaine –, ni son passé. C'est un vrai mystère», explique Noël Constant, éducateur de rue. Voilà plus de dix ans qu'il vit dans la rue et rejette toute assistance sociale.

En hiver, il refuse de dormir dans des refuges pour SDF: «Il est incontrôlable, confirme Noël Constant. Il peut être très agressif. Il a une force inhumaine. Une fois, il a soulevé des bacs à fleurs extrêmement lourds et les a lancés sur la route. J'ai souvent eu peur avec lui.» Les éducateurs de rue sont confrontés à de plus en plus de problèmes d'agressivité. «Un renfort psychologique est devenu indispensable, rappelle Noël Constant. Aujourd'hui, en cas de problème, c'est la police qui se déplace et ça ne résout rien.»

Genève compte entre 300 et 400 sans-abri. Seule une dizaine d'entre eux, tel Bouba, n'acceptent aucune aide.

Sabrine Gilliéron

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