Genève: Un scandale éclabousse un laboratoire des HUG

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GenèveUn scandale éclabousse un laboratoire des HUG

Le laboratoire d'isolement et de transplantation cellulaire (LITC) se serait affranchi de certains protocoles.

par
Marion Moussadek
Photo d'illustration.

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Keystone

Lundi dernier, le conseil d'administration des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) s'est éternisé. Il a duré plus de quatre heures dans une ambiance électrique, nous apprend Le Matin dimanche.

Au coeur de la controverse, un audit sur le laboratoire d'isolement et de transplantation cellulaire (LITC) soulève d'importants dysfonctionnements éthiques et comptables, comme déjà révélé par la Tribune de Genève le mois dernier. Dans l'oeil du cyclone, rien de moins que le médecin-chef du service de transplantation, celui-là même qui est également vice-doyen de la Faculté de médecine de l'Université de Genève et par ailleurs président de la Société européenne de transplantation d'organes. C'est à la fois son superviseur, auquel on prête des sentiments d'inimitiés de longue date à son égard, et Swisstransplant, qui ont tiré la sonnette d'alarme.

Deux types de suspicion visent le LITC: éthique et comptable. Ce laboratoire transplante des cellules du pancréas (appelées «îlots de Langerhans») à des diabétiques. Dans ce processus, il subsiste un surplus inutilisable. Résultat: au lieu de les jeter, le LITC utilise ces îlots à des fins de recherche, comme partout ailleurs dans le monde , explique le journal dominical, rebondissant sur l'information du quotidien genevois.

Deux lois fédérales

Sauf qu'en Suisse, deux lois fédérales cadrent ce type de processus médical: la loi fédérale sur la transplantation d'organes, de tissus et de cellules de 2007 impose le consentement du donneur quand la loi fédérale relative à la recherche sur l'être humain (LRH) de 2014 précise que des prélèvements «minimaux» de substances sur des dépouilles ou durant une transplantation peuvent être effectués sans consentement. C'est la ligne de défense du chef du labo au coeur de la tourmente. Sauf que Swisstransplant l'avait avisé dès 2010, soit avant l'entrée en vigueur de la LRH qui offre une autre interprétation possible que la loi de 2007. L'audit, lui, est catégorique: «l'aspect éthique de la recherche a été ignoré entre 2007 et 2016».

Le deuxième volet de ce lièvre levé est financier. L'audit a relevé que douze comptes bancaires gravitaient autour du LITC: quatre gérés par les HUG et huit chapeautés par l'UNIGE qui abritent au total près d'1,2 million de francs. La commission cantonale d'éthique a été saisie. Les HUG, eux, font bloc derrière leur grand ponte: «L'enquête ne fait pas apparaître de gestion déloyale des intérêts publics, ni de pratique illégale».

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