Actualisé 08.09.2015 à 12:36

Bâle

Un schizophrène jugé pour un double assassinat

Un jeune homme suivra un traitement psychiatrique stationnaire pour avoir tué deux femmes et blessé un homme, en novembre dernier à Bâle.

de
lha/ofu
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Deux femmes ont été mortellement blessées au couteau, le 3 novembre 2014 au centre-ville de Bâle.

Deux femmes ont été mortellement blessées au couteau, le 3 novembre 2014 au centre-ville de Bâle.

Lecteur reporter
La police étaient arrivée sur les lieux avec un gros déploiement.

La police étaient arrivée sur les lieux avec un gros déploiement.

Lecteur reporter
Un homme avait par ailleurs été grièvement blessé.

Un homme avait par ailleurs été grièvement blessé.

Keystone/Georgios Kefalas

Manuel s'est présenté lundi devant le Tribunal pénal de Bâle, le regard vers le bas et le dos légèrement courbé. Le jeune homme de 23 ans, accusé d'avoir poignardé mortellement deux passantes l'an dernier, a avoué tout au début du procès qu'il n'allait pas très bien.

Le prévenu, qui souffre de schizophrénie aiguë, est interné depuis le 11 mai dernier dans la clinique universitaire psychiatrique de Bâle. Il s'agit d'une mesure de peine anticipée. Le 3 novembre dernier, l'accusé a tué au couteau deux femmes au centre-ville de la cité rhénane alors qu'il était en plein délire. Un autre homme avait été grièvement blessé.

Virés deux fois d'une clinique

Les premiers signes de sa maladie psychique se sont manifestés à l'âge de 16 ans déjà, lorsque Manuel a commencé à fumer des joints. C'est à partir de ce moment-là que sa vie a basculé. Il a d'abord interrompu une formation en école qui lui aurait permis d'obtenir une maturité spécialisée. Ensuite, il a laissé tomber son apprentissage de cuisinier. Ses séjours en milieu psychiatrique ne se sont pas mieux passés. Il s'est fait renvoyer à deux reprises d'une clinique pour jeunes à cause de sa consommation de cannabis.

S'ensuivent alors des années d'isolement. La famille, qui connaissait pourtant bien les problèmes de Manuel, s'est toujours opposée à une internement en milieu fermé. Malgré le fait que des médecins lui avaient diagnostiqué un début de psychose en 2009. Deux jours avant l'attaque meurtrière, sa mère s'était toutefois montrée prête à le faire interner. «Mais je ne voulais pas y aller. Avec le recul, j'aurais mieux fait de me faire soigner», a avoué lundi le jeune homme devant la Cour.

«J'ai agi de manière irrationnelle»

Interrogé par les juges sur les faits du 3 novembre, Manuel a eu beaucoup de mal à trouver ses mots. «Je ne sais pas pourquoi ces femmes ont dû mourir. J'ai agi de manière totalement irrationnelle. Cela faisait plusieurs jours que j'errais dans le quartier parce que j'avais l'impression qu'on me suivait.» Malgré le témoignage poignant du jeune homme, le procureur a rappelé que les coups portés aux victimes étaient précis et d'une violence inouïe. «Il n'a pas arrêté lorsque les femmes se sont débattues. Il a vu leur souffrance et leur panique», a ainsi précisé Camilo Cabrera.

Mais malgré la violence de l'agression, une expertise psychiatrique atteste que Manuel ne peut pas être tenu pour responsable de ses actes. «Rien ne pourra jamais expliquer cette tragédie humaine. Mais c'est sa maladie qui est responsable de ce qui s'est passé», a résumé en fin de journée l'avocat de la défense, Stefan Suter.

Le Tribunal pénal de Bâle a décidé mardi en fin de matinée de le condamner à un traitement psychiatrique stationnaire pour le double assassinat qu'il a commis. «Des personnes irresponsables peuvent aussi être des assassins», a déclaré le président du tribunal.

Traitement institutionnel

L'article 59 du Code pénal stipule que le juge peut ordonner un traitement institutionnel à un prévenu qui souffre d'un grave trouble mental si l'auteur a commis le crime en relation avec ce trouble ou s'il est à prévoir que cette mesure le détournera de nouvelles infractions en relation avec ce trouble.

La privation de liberté entraînée par le traitement ne peut excéder cinq ans, précise le paragraphe 4 de l'article 59. Le juge peut prolonger la mesure de cinq ans si les conditions d'une libération conditionnelle ne sont pas réunies après cinq ans.

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