Colombie: Un scrutin crucial pour le processus de paix
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ColombieUn scrutin crucial pour le processus de paix

Les Colombiens ont voté dimanche aux élections législatives à l'issue d'une journée sans incident grave.

Ce scrutin est considéré comme crucial pour le processus de paix ouvert entre le gouvernement et la guérilla marxiste des Farc dans l'espoir de mettre fin au plus vieux conflit d'Amérique latine.

Plus de 32 millions d'électeurs devaient décider s'ils reconduisent ou non la majorité de centre-droit du président Juan Manuel Santos, pour poursuivre les négociations avec la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), délocalisées depuis 16 mois à Cuba.

Le président du Conseil national électoral (CNE), Guillermo Gil De la Hoz a appelé les concitoyens à «voter sans pression pour le candidat de leur choix», après l'ouverture des bureaux de vote à 8h00 locales (14h00 suisses). Les urnes ont fermé huit heures plus tard.

La journée électorale n'a pas été marquée par des incidents graves. La police a seulement rapporté la désactivation d'explosifs légers dans plusieurs régions et l'interpellation d'une vingtaine de personnes pour des délits de fraude.

Uribe veut troubler le jeu

M. Santos, qui brigue un second mandat de quatre ans en mai, est donné favori pour conserver le contrôle du Congrès bicaméral. Mais l'enjeu du scrutin tourne autour du score de l'ex-président conservateur Alvaro Uribe, passé de l'allié à l'opposant le plus farouche aux pourparlers de paix avec les Farc qu'il a combattues entre 2002 et 2010. Il qualifie désormais son successeur de «traître».

Toujours populaire, M. Uribe s'est lancé depuis son fief de Medellin dans la course au Sénat avec un nouveau parti, le Centre démocratique, afin de changer le cours des négociations. «Après ces législatives, nous apprendrons beaucoup de choses à la fois pour l'élection présidentielle, pour le processus de paix et pour le futur politique d'Uribe», a indiqué à l'AFP le politologue Francisco Giraldo de l'Université Javeriana de Bogota.

Les derniers sondages créditaient sa liste de 10 à 20 sénateurs, un résultat loin de ses espérances et qui ne suffirait pas à menacer la coalition de M. Santos.

«Uribe à titre individuel fera tout ce qui est possible pour être un obstacle. La question est de savoir jusqu'à quel point les élus du Centre démocratique serreront les rangs derrière lui», a estimé auprès de l'AFP le politologue Miguel Garcia, co-directeur de l'Observatoire de la démocratie à l'Université Andes de Bogota.

Scrutin sous haute protection

Dans une position inconfortable, les partis de gauche, critiques envers la politique gouvernementale mais favorables au processus de paix, ne semblent pas en mesure de troubler le jeu dans ce pays où l'abstention avoisine habituellement les 50%.

Le nouveau Congrès aura pour tâche d'entériner les éventuels accords conclus avec les Farc, fondées en 1964 et qui comptent encore près de 8000 combattants selon les autorités. Le conflit interne, qui a mêlé guérillas, milices paramilitaires et bandes criminelles, a fait plusieurs centaines de milliers de morts en près d'un demi-siècle.

Face au risque de violences, quelque 266'000 policiers et militaires ont été déployés dans l'ensemble du pays où plus de 300 candidats font l'objet de mesures de protection spéciales suite à des menaces. Le ministre de la Défense Juan Carlos Pinzon a prédit dimanche que les législatives seraient «sûrement les élections les plus sûres».

Un rapport du médiateur national, appelé «Defenseur du peuple», a aussi averti que des groupes illégaux exerçaient des pressions sur les électeurs dans un cinquième du territoire. (afp)

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