Actualisé 23.12.2015 à 07:24

Vernier (GE)Un SDF refuse l'argent récolté pour l'épauler

Des citoyens s'étaient cotisés afin de récolter des fonds pour mettre à l'abri un SDF pendant l'hiver. L'homme a refusé l'argent.

von
Thomas Piffaretti

L'appel aux dons de Filipe avait reçu le soutien de dizaines de milliers de personnes. Fin novembre, cet entrepreneur verniolan s'était ému du sort de Vito, un sans-abri qui a ses habitudes sur la commune. Il avait alors sollicité des micro-donations auprès de ses amis Facebook. Elles auraient permis de donner un toit et des repas au SDF pendant l'hiver. Si les 6000 fr. nécessaires ont bien été récoltés, Vito, âgé de 54 ans, a fini par décliner l'offre.

«Il ne faut pas aller contre sa volonté, souffle aujourd'hui Filipe, toujours en contacts avec le quinquagénaire. Selon lui, sa vie lui convient parfaitement, il est dans son élément. Il a appris à vivre avec le froid et la douleur. Son plus grand souhait est qu'on le laisse tranquille.» Un comportement observé régulièrement chez les personnes dans sa situation (voir encadré).

Vito a par contre demandé à ce que l'argent soit utile à d'autres. Ainsi, une partie des sous servira à acheter 40 sacs de couchage pour des personnes sans-abri. Une autre permettra à un enfant souffrant du cœur d'être soigné via la fondation du chirurgien du CHUV René Prêtre. Enfin, le reliquat sera versé à Médecins Sans Frontières.

De son côté, Filipe continuera de rendre visite régulièrement à celui qu'il appelle désormais son «ami». «Cette opération a surtout permis de démontrer qu'il existe encore des gens exceptionnels sur cette terre.»

L'importance d'une aide personnalisée

A l'image de Vito, il arrive que des personnes en situation de grande précarité refusent d'être assistées. «Une minorité», relève toutefois Dominique Baertschi, directrice de La Virgule, association pour sans-abri. Les raisons sont difficiles à déterminer. «Un retour à la normalité signifie que l'on retrouve des droits, mais également des devoirs. C'est parfois justement ce que cherchaient à fuir ces gens en se clochardisant», avance l'experte, qui souligne l'importance d'une approche individualisée.

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