Actualisé 30.05.2012 à 08:29

Bolivie Un sénateur demande l'asile au Brésil

Un sénateur bolivien actif pour la défense des droits de l'homme s'est vu contraint de demander l'asile au Brésil en raison des «persécutions» du gouvernement Evo Morales à son encontre.

M. Pinto affirme faire actuellement l'objet de «20 procès» pour divers motifs.

M. Pinto affirme faire actuellement l'objet de «20 procès» pour divers motifs.

Roger Pinto, sénateur bolivien de l'opposition, a annoncé mardi avoir déposé une demande d'asile à l'ambassade du Brésil de la Paz. Il s'est plaint de «persécutions» du gouvernement après qu'il eut accusé plusieurs proches du pouvoir d'être liés à des trafiquants de drogue.

«Après plusieurs années de lutte intransigeante pour la défense des droits de l'homme, le respect du système démocratique, (...) je me vois aujourd'hui dans la position difficile et douloureuse de demander refuge à l'ambassade de la République du Brésil», a dit M.'Pinto dans une déclaration remise à la presse par un de ses collègues, Adrian Oliva.

M. Oliva a précisé que M. Pinto se trouvait à l'ambassade mardi, mais n'a pu préciser si la demande d'asile de son collègue avait été acceptée ou non.

«Il ne me reste aucune alternative face au harcèlement et à la persécution auxquels j'ai été soumis de la part du gouvernement (du président) Evo Morales», a déclaré le sénateur de droite.

Plusieurs procès évoqués

M. Pinto affirme faire actuellement l'objet de «20 procès» pour divers motifs, ce qui paralyse selon lui son activité de sénateur.

Il est notamment poursuivi par le vice-président Alvaro Garcia, qu'il a accusé d'avoir été informé des agissements de l'ex-général de police René Sanabria, condamné en septembre 2011 par la justice américaine à 14 ans de prison pour trafic de drogue.

Le sénateur de Pando (Amazonie bolivienne, nord) est l'auteur de nombreuses accusations de corruption et de collusion avec des narcotrafiquants visant des représentants du gouvernement dans sa région, et avait annoncé l'année dernière avoir fait parvenir plusieurs rapports sur ce sujet au président socialiste.

Et un porte-parole de l'ambassade a précisé à l'AFP que toute communication sur cette affaire serait faite par son ministère de tutelle à Brasilia.

Autre mesure récemment

M. Pinto, 52 ans, député du parti Convergence Nationale (CN) depuis 1997, est un ancien militant du parti de droite Action démocratique nationaliste que dirigeait l'ancien dictateur Hugo Banzer.

Le gouvernement bolivien n'a fait pour l'instant aucun commentaire, bien que le parti du président Morales, le Mouvement vers le socialisme au pouvoir (MAS, gauche) ait déploré la démarche du sénateur.

Au moins une vingtaine d'hommes d'affaires et plusieurs parlementaires ont quitté la Bolivie pour le Paraguay, le Pérou, l'Argentine, les Etats-Unis ou l'Espagne depuis l'arrivée au pouvoir du président Morales, premier chef d'Etat d'origine amérindienne de Bolivie.

(ats)

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