Fribourg: Un sens unique échauffe les esprits
Actualisé

FribourgUn sens unique échauffe les esprits

La mise en sens unique en juillet dernier de l'avenue de la Gare à Fribourg est actuellement le sujet de conversation du chef-lieu.

Le sens unique de l'avenue de la Gare fribourgeoise focalise le mécontentement ambiant face à l'asphyxie rampante du centre-ville sous le trafic des pendulaires.

Avant le 12 juillet, l'avenue de la Gare voyait passer journellement près de 16'000 véhicules dont 1500 bus. Ces derniers et les vélos continuent à pouvoir circuler dans les deux sens.

Un des buts de l'opération est de désengorger le centre et de diminuer de moitié le nombre de voitures transitant par cet axe. Les piétons ont quant eux la belle vie, ils disposent de nouveaux passages protégés. Ce qui s'est rapidement répercuté dans tiroirs- caisses de Fribourg-Centre, face à la gare.

Les pendulaires ne pouvant ou ne voulant pas changer leur mode de transport, leur circulation s'est reportée sur d'autres axes. Nombreux sont ceux qui se faufilent par les quartiers d'habitation.

Les mesures d'accompagnement prises, tels par exemple les parkings d'échange en périphérie ou le rétrécissement des voies ne les découragent pas pour le moment. Aux heures de pointe, les bouchons s'éternisent.

Péripatéticiennes et mouflets

La situation que vit la rue de la Grand-Fontaine, en basse-ville, est emblématique, avec des concerts d'invectives et des passants se muant en agents de la circulation. Bien connue depuis des lustres pour ces belles de jour et nuit, la rue a beaucoup changé ces dernières années. Avec ses airs écolo-bobo-branchés, elle a attiré de nombreuses jeunes familles.

Ces dernières s'inquiètent pour la sécurité de leurs enfants, les voitures ne respectant pas les 30 km/h. La ville a fait un petit geste vers eux en acceptant de poser un radar d'autocontrôle. Il n'empêche, l'inquiétude ne désarme pas et les riverains ont décidé de déposer lundi une pétition.

Les radicaux au front

Ils ne sont pas les seuls à pétitionner. Les Jeunes libéraux- radicaux en ont lancé une. Leurs aînés ont fin octobre commencé à récolter des signatures à l'appui d'une initiative stipulant qu'»aucune artère principale servant au trafic de transit ne peut être mise en sens unique ou interdite à la circulation». Ils doivent engranger 2400 paraphes d'ici au 27 janvier.

De l'avis du président du PLR de la ville de Fribourg et conseiller général, Thomas Zwald, le sens unique met un frein au développement commercial. Selon lui, les autorités auraient dû avoir la patience d'attendre la construction du pont de la Poya.

Ce dernier devrait dès 2015 absorber une partie du trafic des pendulaires. Le but de l'initiative est avant tout de contraindre les autorités à réfléchir encore une fois à la question.

«Enfantillages»

Le «sens unique» n'enchante pas l'UDC, mais cette dernière ne compte pas prêter main forte au PLR. «Toutes les mesures prises actuellement sont connues depuis des années», dit Pierre Marchioni, vice-président de l'UDC locale. «Cela m'agace prodigieusement de voir les mêmes personnes qui les ont votées venir en critiquer les effets. Ce sont des enfantillages».

Du côté de l'Union patronale, son directeur Jean-Pierre Siggen se fait l'écho de récriminations d'artisans travaillant en ville, se plaignant de perdre du temps dans les bouchons. Il regrette que la ville n'explique pas mieux les raisons de ses choix.

Selon lui, il faudrait qu'elle publie une pleine page dans les journaux régionaux avec graphiques à l'appui. La ville a rejeté sa suggestion pour des raisons de coût.

Marathon explicatif

Si les édiles de la ville ne veulent pas gaspiller l'argent public, ils n'économisent en revanche pas leur énergie. Chargé de la police et de la circulation communale, Charles de Reyff, qui a le soutien de son parti, le PDC, et du PS, explique à tour de bras.

Le sens unique et à terme la piétonnisation de l'avenue de la Gare sont partie intégrante du plan d'aménagement local voté en 2003. Un arrêté du Tribunal fédéral de 1993 met en outre les autorités sous pression; plus aucune place de parc souterraine ne peut être autorisée sans restriction du trafic individuel.

La proximité d'élections communales en mars 2011 ne facilite peut- être pas la recherche sereine de solutions. Les radicaux n'ont plus de représentant à l'exécutif depuis 2006. (ats)

Ton opinion