Actualisé 22.07.2014 à 11:43

Crash en Ukraine

Un séparatiste en train de voler une bague en or?

Les soupçons selon lesquels les rebelles prorusses emportent des objets appartenant aux victimes du vol MH17 en Ukraine semblent se confirmer, selon des images publiées sur le Net.

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Une photo, qui circule actuellement sur Twitter, a suscité une vague d'indignation sur les réseaux sociaux. Le cliché montre un homme, en habits militaires, fouiller dans les débris du vol MH17 et ramasser une bague en or. La photo laisse sous-entendre que le séparatiste empoche le bijou. De nombreux internautes dénoncent un «acte odieux et inhumain». D'autres, en revanche, pensent que le rebelle essaie simplement d'identifier les victimes du crash d'avion à l'aide des objets personnels retrouvés sur les lieux du drame.

L'image - montrant la scène critiquée - est issue d'une vidéo que la BBC a reçue des rebelles. «Nous cherchions des documents. C'est pour ça que nous devons fouiller les objets personnels des victimes», a expliqué l'un d'entre eux à la chaîne de télévision britannique. Kiev avait auparavant déjà accusé les séparatistes de traiter les cadavres de manière «indigne». «Nous sommes choqués de voir comment ils traitent les victimes», avait affirmé pour sa part le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Frans Timmermans.

Russian soldier pictured pulling golden ring of body of MH17 victim. pic.twitter.com/dPzPrmPNyK- Мантелепа (@WilnoLwiw) July 21, 2014

Site altéré «à une échelle industrielle»

Le site du crash de l'avion de Malaysia Airlines a été altéré «à une échelle industrielle», a déclaré mardi le Premier ministre australien, évoquant «une tentative de maquiller les preuves». «Il reste un très très long chemin à parcourir», a déclaré devant la presse Tony Abbott, à propos du rapatriement des corps des 28 Australiens tués dans le crash et des efforts pour déférer devant la justice les responsables du tir du missile qui a vraisemblablement abattu l'appareil. «Ce que nous avons là, ce sont des indices altérés à une échelle industrielle. Cela doit cesser», a-t-il dit. «Après le crime vient la tentative de maquiller les preuves».

Menacés de décomposition dans la chaleur de l'été ukrainien, les corps des victimes du crash du vol MH17 ont quitté la zone de la catastrophe et sont arrivés mardi à Kharkiv, ville ukrainienne sous contrôle loyaliste. Dans la nuit de lundi à mardi, les rebelles prorusses ont remis à une délégation malaisienne les deux boîtes noires de l'avion de ligne.

«Totalement chaotique»

Ils ont en même temps annoncé un cessez-le-feu dans un rayon de 10 km autour du site du crash du vol Amsterdam-Kuala Lumpur de Malaysia Airlines pour faciliter l'enquête sur sa chute, due, selon les Etats-Unis, à un missile tiré de la zone contrôlée par les rebelles.

Les lieux de la catastrophe «ont été piétinés depuis le tout début et nous n'avons pas vu seulement toute sorte d'individus trainer et ramasser des débris, nous avons vu aussi des équipements lourds venir sur les lieux», a déclaré le chef du gouvernement, qui avait qualifié ce week-end le site du crash de «totalement chaotique». «Les dernières images font penser à un site de démolition. Et c'est inacceptable», a-t-il renchéri mardi.

L'Iata dénonce un «crime» et les entraves à l'enquête

L'Iata, l'organisation qui regroupe l'ensemble des compagnies aériennes dans le monde, a dénoncé mardi les entraves à l'enquête sur le crash du vol MH17 dans l'est de l'Ukraine, et a demandé que les corps des victimes soient rapidement remis à leurs proches. «La tragédie de MH17 est un outrage. Au cours du week-end, il a été confirmé que les passagers et l'équipage à bord de l'avion ont été les victimes d'un crime odieux», a déclaré le directeur général de l'Iata (Association internationale du transport aérien), Tony Tyler, dans un communiqué.

L'avion était «clairement identifié comme étant un vol commercial. Et il a été abattu, en totale violation du droit international, des normes et des conventions», alors qu'il volait à une altitude considérée comme «sure», a-t-il dénoncé. «Parmi les priorités immédiates, les corps des victimes doivent être retournés à leurs proches de façon respectueuse. Depuis plus de quatre jours, nous avons assisté à des images effroyables de la scène de l'accident», a-t-il ajouté. (ofu/ats/afp)

Les premières dépouilles arriveront mercredi aux Pays-Bas

Un avion transportant les premières dépouilles des victimes du vol MH17 arrivera mercredi aux Pays-Bas, où l'identification des corps pourrait prendre jusqu'à plusieurs mois, a assuré mardi le Premier ministre néerlandais Mark Rutte. «Nous nous attendons à ce que le premier avion parte demain dans le courant de la journée», a déclaré le Premier ministre lors d'une conférence de presse. L'avion atterrira à Eindhoven, dans le sud des Pays-Bas, d'où les dépouilles seront transportées vers une base militaire à Hilversum, au sud-est d'Amsterdam, à environ 100 kilomètres de l'aéroport.

Le Premier ministre a confirmé que le train réfrigéré dans lequel des dépouilles ont été rassemblées est arrivé mardi matin dans la ville de Kharkiv, en territoire loyaliste, après avoir quitté Torez, contrôlée par les rebelles prorusses, lundi soir. Le nombre exact de dépouilles se trouvant à bord de ce train n'est pas connu.

«Des préparatifs seront effectués à Kharkiv pour que l'identification puisse être réalisée de la meilleure manière qui soit aux Pays-Bas», précisé Mark Rutte. «Dès qu'un certain nombre de victimes seront prêtes à être transportées, un avion partira», a-t-il ajouté. «Dès qu'une victime sera identifiée, la famille sera informée en priorité, et personne d'autre. Parfois cela peut aller très vite, parfois cela peut prendre des semaines ou même des mois», a soutenu le Premier ministre néerlandais.

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