Un septuagénaire fortuné accusé d’avoir tué sa femme à Genève
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GenèveUn septuagénaire fortuné accusé d’avoir étouffé sa femme

Un notable suisse-alémanique est jugé pour meurtre depuis ce lundi. Lui jure qu’une mort naturelle a emporté son épouse aimée.

par
Jérôme Faas
Le prévenu est suspecté d’avoir tué son épouse avec un coussin.

Le prévenu est suspecté d’avoir tué son épouse avec un coussin.

Getty Images/iStockphoto

Élancé, élégant, le regard acéré, le verbe précis, l’accusé détonne dans un Tribunal criminel peu coutumier de ce type de prévenu. Ce riche Suisse-allemand de 71 ans, habitué des conseils d’administration, est accusé d’avoir tué son épouse d’un an son aînée en 2016 dans leur logement genevois. Le Parquet soutient qu’il l’a étouffée de nuit avec un coussin. La preuve: une plume dans sa bronche. Lui nie fermement.

Il raconte sa stupéfaction lorsqu’il a saisi qu’il était suspecté. «Pour moi c’était clair, ma femme était décédée de mort naturelle.» Il relate, de façon convaincante, une vraie histoire d’amour, une «très belle, profonde relation.» Il a d’ailleurs gardé contact avec la famille de la défunte, d’où un fait rare à un tel procès - l’absence de partie civile, et plus encore: ses beaux-fils témoigneront en sa faveur mardi.

Ses avocats défendent l’idée qu’autour de la plume, les légistes auraient bâti «un scénario absurde» auquel ils s’accrochent. La procureure réfute. «La police a donné comme préjugé qu’il s’agissait d’une mort naturelle. Les légistes ont cherché partout sa cause, dans le cœur, le cerveau. Ils n’ont pas trouvé.» Suit un débat technique duquel il ressort que les légistes genevois et les experts privés sollicités par la défense sont en désaccord. Demeure un mystère: l’éventuel mobile. Le procès se poursuit.

Le sombre tableau de la prison

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