Actualisé 23.02.2011 à 15:30

London School of EconomicsUn sit-it pour le retrait des titres du fils Kadhafi

Des étudiants ont entamé un sit-in pour réclamer le retrait des titres universitaires du fils cadet de Kadhafi, auteur d'une thèse sur la démocratisation des institutions internationales.

Une poignée d'étudiants de la prestigieuse London School of Economics (LSE) ont entamé un sit-in pour réclamer le retrait des titres universitaires de Seïf al-Islam Kadhafi, fils cadet du dirigeant libyen auteur d'une thèse sur la démocratisation des institutions internationales.

Seïf al-Islam Kadhafi a obtenu un master et un doctorat à la LSE, avec une thèse de philosophie sur «le rôle de la société civile dans la démocratisation des institutions de gouvernance internationale».

La thèse, datée de septembre 2007, traite de l'apport des ONG dans la démocratisation des institutions internationales telles que l'Organisation mondiale du commerce (OMC). L'auteur déclare s'appuyer sur des fondements philosophiques tels que «l'individualisme libéral» et «la théorie de justice globale».

Une porte-parole de la LSE a précisé mercredi que «huit étudiants occupaient le bureau du directeur» jusqu'à ce que leurs revendications soient satisfaites. Les étudiants réclament en outre le remboursement par l'école des sommes versées par la fondation du fils Kadhafi à un programme sur l'Afrique du Nord.

La LSE réexamine ses liens

La LSE a déjà affirmé dans un communiqué en début de semaine qu'elle allait «réexaminer d'urgence» ses liens avec la Libye au vu de la situation «affligeante» dans le pays et que le programme serait arrêté.

Le programme nord-africain avait bénéficié de 1,8 million d'euros de la part de la fondation du fils cadet de Kadhafi en 2009, un montant étalé sur cinq ans, dont seul un cinquième a été versé.

Les étudiants exigent que les sommes déjà perçues financent les études de «Libyens défavorisés» ou soient versées aux familles des victimes des violences.

Partagé par ses fidélités

Un professeur de la LSE, qui a connu Seïf al-Islam Kadhafi pendant ses études, a évoqué un «jeune homme partagé entre sa fidélité à sa famille et son désir de réformer son pays».

Il a reconnu être «profondément perturbé» par le discours du fils cadet du dirigeant libyen en début de semaine condamnant les manifestations populaires.

«Au lieu de voir là une occasion de réformes fondées sur des valeurs démocratiques et les droits de l'homme, Seïf al-Islam Kadhafi a mis en avant les menaces de guerre civile et d'intervention étrangère», a déploré M. Held.

Seïf al-Islam Kadhafi avait prononcé l'an dernier devant l'université un discours dans lequel il estimait que «le meilleur régime pour la Libye était la démocratie». (afp)

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