31.03.2020 à 18:35

Coronavirus

Un site va répertorier les non-testés au COVID-19

Grippenet, créé pour récolter des données sur la grippe, passe en mode coronavirus. La plateforme n'est pas la seule à prendre cette initiative. Un plus pour la recherche, estime un spécialiste.

de
Lucie Fehlbaum
(Image prétexte)

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Istock

La plateforme participative en ligne grippenet.ch réoriente ses questions pour le suivi de l'épidémie de coronavirus. Les gens pourront déclarer leurs symptômes sur le site d'ordinaire dédié à la grippe. But de la manoeuvre: récolter des données sur les personnes qui échappent aux statistiques de l'Office fédéral de la santé (OFSP). Soit, les jeunes et les personnes sans risque, qu'on ne teste pas. Or, ils constitueraient la majorité des cas d'infection au coronavirus en Suisse et participent largement à sa diffusion.

Fidélité récompensée

«Les gens deviennent acteurs de la recherche, souligne Antoine Flahault, Directeur de l'Institut de santé globale. Ils ont une vision de ce qui se passe, de la progression du virus notamment via des cartes. Et les chercheurs bénéficient des informations qu'ils fournissent, qu'ils se portent bien ou présentent des symptômes.» En effet, pour qu'un profil soit pris en compte par les spécialistes, il faut être fidèle au site et continuer à remplir le questionnaire une fois guéri. Il est donc possible de tricher mais, pour fausser la statistique, il faudrait le faire sur plusieurs jours, voire semaines.

Plus de peur que de bien?

Les cartes, les listes de maux ou encore les injonctions de type «Consultez un médecin rapidement!» en effraient certains. «Selon la carte de ma région, Monthey est une zone à risque et Vevey non, s'inquiète Aurélien. Or, en haut de Monthey et Morgins, il y a le vallon de They ou personne ne vit, à part des chevreuils, et encore! Je doute de la justesse de cette carte. Par ailleurs, elle me fout la pétoche.» D'autres s'inquiètent de la multiplication des outils de collectes des données sur le coronavirus. Le Canton de Berne et l'ETH Zürich ont leur propre plateforme. Un étudiant en a lancé une également. En France, l'institut Pasteur possède la sienne. Une multiplication qui prête à confusion? Par pour Antoine Flahault. «Je trouve cela très bien que d'autres initiatives existent, se réjouit le chercheur. J'aime aussi qu'il y ait plusieurs journaux dans les kiosques. Je préfère la pluralité des opinions que l'harmonisation à tout prix. Et si certaines plateformes sont anxiogènes, elles traduisent aussi le sentiment des chercheurs qui les façonnent.»

Partage des infos

A noter qu'en Suisse, toutes les universités ayant une mission de santé publique sont réunies sous la faîtière Swiss School of Public Health. «Nous échangeons et bénéficions du travail des autres, précise Antoine Flahault, par ailleurs co-directeur de l'école. Nos protocoles de séroprévalence (ndlr. les tests d'immunités) sont partagés, il en ira de même avec nos données.»

Le nouveau questionnaire adapté au covid-19 sera disponible sur grippenet dans le courant de la semaine. Les symptômes étant très proches de ceux de la grippe, les modifications sont minimes.

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