Pérou: Un sixième chef de la diplomatie en moins d’un an
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PérouUn sixième chef de la diplomatie en moins d’un an

Moins de 24 heures après le retrait d’Elizabeth Astete, le Pérou a confié le poste de ministre des Affaires étrangères à Allan Wagner.

À 79 ans, Allan Wagner a été nommé lundi ministre des Affaires étrangères, poste qu’il a déjà occupé à deux reprises par le passé.

À 79 ans, Allan Wagner a été nommé lundi ministre des Affaires étrangères, poste qu’il a déjà occupé à deux reprises par le passé.

AFP

Un nouveau ministre des Affaires étrangères, le sixième en moins d’un an, a été nommé au Pérou après la démission de l’ancienne cheffe de la diplomatie sur fond de scandale lié à la vaccination contre le Covid-19.

Allan Wagner, 79 ans, qui a déjà occupé ce poste (1985-1988, 2002-2003), a été nommé lundi, moins de 24 heures après le retrait d’Elizabeth Astete, la deuxième ministre démissionnaire en quelques jours avec celle de la Santé. Le scandale a éclaté jeudi lorsqu’un quotidien péruvien a révélé que l’ancien président Martin Vizcarra (2018-2020) s’était vu administrer le vaccin du laboratoire chinois Sinopharm en octobre, quelques semaines avant sa destitution par le Parlement.

Les critiques ont ensuite visé des membres du gouvernement qui ont reçu le vaccin en toute discrétion, avant même le lancement de la campagne officielle de vaccination. Face au scandale, la ministre de la Santé Pilar Mazzetti a démissionné vendredi. Dimanche, Elizabeth Astete a reconnu avoir fait une «grave erreur» en se faisant vacciner dès le 22 janvier.

«Grave erreur»

La campagne de vaccination a commencé il y a moins d’une semaine au Pérou et elle est pour l’instant réservée au personnel de santé, et depuis lundi aux enseignants. Il n’existe toutefois pas encore de calendrier de vaccination pour l’ensemble de la population.

Martin Vizcarra s’est défendu en disant qu’il s’était porté volontaire dans l’essai clinique du vaccin Sinopharm, comme des milliers d’autres Péruviens. Alors que l’université chargée de cet essai a démenti cette affirmation, Martin Vizcarra a réaffirmé en avoir fait partie. Selon l’université, Sinopharm avait livré 3200 doses supplémentaires au Pérou, en plus de celles destinées aux 12’000 volontaires de l’essai.

Lundi soir, le président péruvien Francisco Sagasti a révélé que 487 personnes avaient été vaccinées indûment contre le Covid-19, dont, outre les deux ministres démissionnaires, d’autres fonctionnaires, qui seront démis de leurs fonctions.

«487 personnes, parmi lesquelles de nombreux fonctionnaires, ont profité de leur position pour être immunisés avec les vaccins de Sinopharm qui sont arrivés en complément de ceux qui ont été utilisés pour les essais cliniques», a déploré le président dans une déclaration télévisée, faisant part de son «indignation» et d’un «profond sentiment de douleur».

Très touché par la pandémie

Ce scandale intervient au moment où le Pérou, un des pays les plus endeuillés de la planète par la pandémie de Covid-19 par rapport à sa population, affronte une importante deuxième vague de contaminations. Plus d’1,2 million de cas déclarés, dont plus de 43’000 ont été mortels, ont été enregistrés dans ce pays de 33 millions d’habitants.

Le Pérou, où les prochaines élections présidentielles et législatives se dérouleront le 11 avril, a connu une profonde crise politique fin 2020 avec pas moins de trois présidents en un peu plus d’une semaine. Martin Vizcarra, destitué de ses fonctions de chef de l’État le 9 novembre par les députés, a été remplacé par le président du Parlement, Manuel Merino, qui a démissionné après n’avoir occupé son poste que cinq jours, sous la pression de manifestants. Le député Francisco Sagasti a ensuite été élu président par intérim.

(AFP)

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