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FrancophonieUn sommet centré sur la lutte contre le terrorisme

Les représentants politiques des pays francophones se sont réunis, ce week end, à Madagascar.

De nombreux leaders du continent africain manquaient à l'appel de ce sommet.

De nombreux leaders du continent africain manquaient à l'appel de ce sommet.

Keystone

Boudé par de nombreux chefs d'Etat africains, le 16e sommet de la Francophonie s'est achevé dimanche à Antananarivo, la capitale de Madagascar. Les pays membres, dont la Suisse représentée par le président de la Confédération Johann Schneider-Ammann, ont appelé à une meilleure coopération, notamment contre le terrorisme.

Les pays francophones «paient un lourd tribut face à cette menace asymétrique qu'est le terrorisme. Une plus grande mutualisation de nos expériences, de nos moyens et de nos renseignements est nécessaire», a indiqué Michaëlle Jean, la secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) lors de la conférence de presse de clôture du sommet.

«On a reçu des engagements des pays membres sur les aspects sécuritaires notamment. Mais nous sommes convaincus qu'il faut un développement économique pour asseoir la paix et la stabilité dans le monde», a plaidé de son côté le président malgache Hery Rajaonarimampianina.

Les résolutions finales encouragent notamment «le partage ou la diffusion des programmes de déradicalisation» dans les pays de la Francophonie.

Expertise helvétique

Le président de la Confédération, Johann Schneider-Ammann, a lui appelé cette communauté francophone, «plate-forme privilégiée de dialogue Nord-Sud», à revendiquer et jouer son rôle» dans les défis auxquels elle fait face. Le Bernois a cité l'extrémisme violent, la paix et la sécurité, le développement durable ou encore les changements climatiques.

Le chef du Département fédéral de l'économie (DEFR) a également profité de sa présence à l'OIF pour procéder à plusieurs rencontres bilatérales.

Il a dimanche rencontré le président français François Hollande. Tous deux se sont félicités de l'avancée du dossier de l'aéroport de Bâle-Mulhouse. Berne et Paris ont en effet trouvé un accord définitif - devant encore être ratifié - sur le nouveau régime fiscal de la zone aéroportuaire le 4 novembre dernier.

M. Schneider-Ammann s'est également entretenu avec Hery Rajaonarimampianina, puis a rencontré neuf jeunes en formation dans l'hôtellerie dans le cadre d'un projet de coopération soutenu par la Suisse.

Avec le président du Niger, Mahamadou Issoufou, il a samedi été notamment question de la sécurité alimentaire et de la formation professionnelle. Macky Sall, président du Sénégal, et M. Schneider-Ammann se sont eux entretenus du «lancement» de la formation professionnelle duale, soutenue par la Suisse, a précisé le porte-parole du DEFR.

Nombreuses absences

Le président français François Hollande a appelé à renforcer la coopération contre la radicalisation islamiste au sein de l'espace francophone. «Nous n'avons pas le droit d'abandonner des jeunes sans repères, de les laisser ainsi vulnérables, atteints par les mensonges des mouvements fondamentalistes», a-t-il lancé à la tribune.

De nombreux leaders du continent africain manquaient à l'appel de ce sommet. Joseph Kabila, le président de la République démocratique du Congo, deuxième plus grand pays francophone du monde, n'a pas fait le déplacement. Dans la longue liste des absents figuraient aussi Alassane Ouattara et Ibrahim Boubacar Keïta, ses homologues ivoirien et malien, mais également le roi du Maroc Mohammed VI, pourtant présent à Madagascar la semaine précédant le sommet.

Au total, moins d'une vingtaine de chefs d'Etat et de gouvernement étaient présents à Antananarivo, une affluence modeste au regard du nombre de pays membres ou observateurs de l'OIF.

Seule la présence du premier ministre canadien Justin Trudeau a finalement relevé ce rassemblement sans relief. Samedi, dans son discours d'ouverture, M. Trudeau a livré un audacieux plaidoyer pour les droits des femmes et des homosexuels. Dimanche, il a enfoncé le clou. «Si ce sont des questions qui rendent les gens mal à l'aise, eh bien tant mieux! On ne peut pas choisir les droits qu'on veut respecter ou non», a lancé le premier ministre.

Quatre-vingt-quatre membres

A l'issue de ce sommet, l'OIF a annoncé l'adhésion de quatre nouveaux membres: l'Argentine, la Corée du Sud, l'Ontario comme observateurs et la Nouvelle-Calédonie comme membre associé. L'Arabie Saoudite verra elle sa candidature réexaminée.

L'OIF regroupe désormais 84 membres, dont 26 observateurs et 4 membres dits associés. La Thaïlande, qui fait partie des observateurs, est suspendue de l'OIF depuis le coup d'Etat de 2014.

Selon l'OIF, près de 274 millions de personnes peuvent être définies comme francophones de façon certaine dans le monde.

Les prochains sommets de la Francophonie seront organisés en Arménie en 2018 et en Tunisie en 2020. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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