Malte: Un sommet difficile s'ouvre sur la crise migratoire
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MalteUn sommet difficile s'ouvre sur la crise migratoire

La présidente de la Confédération, Simonetta Sommaruga, est présente. Elle s'attend à des discussions ardues.

Simonetta Sommaruga, lors de la séance photo des chefs d'Etat, accompagnée du premier ministre grec Alexis Tsipras,du premier ministre algérien Abdelmalek Sellal, du président tchadien Idriss Deby Itno et de la chancelière allemande Angela Merkel.

Simonetta Sommaruga, lors de la séance photo des chefs d'Etat, accompagnée du premier ministre grec Alexis Tsipras,du premier ministre algérien Abdelmalek Sellal, du président tchadien Idriss Deby Itno et de la chancelière allemande Angela Merkel.

La présidente de la Confédération a déclaré mercredi s'attendre à des discussions difficiles lors du sommet qui s'est ouvert en fin d'après-midi à Malte. Cette rencontre, qui réunit les dirigeants des 28 Etats membres de l'UE et de 35 pays africains, est selon elle très importante.

«Nous devons nous unir, tant les pays d'origine que les pays de destination», a déclaré à l'ouverture du sommet entre dirigeants des deux continents le Premier ministre maltais, Joseph Muscat. «Ce sommet est une occasion sans précédent de travailler ensemble», a-t-il ajouté en lançant les travaux de la réunion à La Valette.

Simonetta Sommaruga a auparavant annoncé que la Suisse allait verser cinq millions de francs au Fonds de l'UE pour l'Afrique. Il est pour elle important que les pays concernés d'Afrique et d'Europe se rencontrent: «Car les défis en Europe sont énormes».

Ils ne le sont pas moins en Afrique, poursuit-elle : «Plus de 80% des migrations ont lieu en son sein».

Plan d'action

Les dirigeants de l'Union européenne ont reçu mercredi leurs homologues africains à la Valette pour tenter d'apporter des réponses coordonnées à la crise migratoire en Europe.

Ce sommet UE-Afrique a été imaginé il y a six mois, après la mort de plus de 800 migrants dans le naufrage d'un navire au large de la Libye. Il a conduit les Européens à renforcer leurs missions de secours maritime en Méditerranée, provoquant un afflux temporaire de migrants en Italie et à Malte.

Les arrivées vers ces deux pays ont toutefois diminué, la nouvelle route de l'exode passant désormais par les îles grecques puis les Balkans. L'heure est moins à la recherche de réponses d'urgence que de solutions à plus long terme.

Les dirigeants européens et africains devraient ainsi réfléchir à des mesures pour aider à la création d'emplois en Afrique ou à des accords de rapatriement pour les centaines de milliers d'Africains déjà émigrés en Europe.

Discussions avec les dirigeants africains

L'une des priorités des Européens est d'obtenir de la part de leurs partenaires africains davantage de coopération dans le renvoi dans leurs pays des ressortissants africains qui ne remplissent pas les critères du droit d'asile.

Aux gouvernements africains qui disent craindre un tarissement brutal de l'émigration, qui leur apporte souvent un revenu vital, les Européens comptent offrir des garanties sur les migrations légales.

Aides pour les pays africains

Un plan d'action prévoit d'offrir des aides à l'Afrique, de faciliter l'octroi de visas à certaines catégories comme les étudiants ou les travailleurs saisonniers, et d'abaisser le coût des transferts d'argent vers les pays d'origine, en échange d'un effort accru de rapatriement des migrants.

«Un sujet difficile», a reconnu le président sénégalais, dirigeant en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao). La réadmission «dépend aussi des conditions qui seront mises place», a renchéri son homologue nigérien, Issoufou Mahamadou.

Endiguer le flux

Après leur dîner avec leurs homologues africains mercredi, les dirigeants européens se retrouveront seuls jeudi pour évoquer les négociations avec la Turquie, qui héberge plus de 2 millions de réfugiés syriens. Ils tenteront de s'entendre sur les moyens d'endiguer le flot de demandeurs d'asile qui partent actuellement des côtes d'Asie mineure pour rejoindre la Grèce.

Des discussions tendues s'annoncent également sur la mise en oeuvre des mesures de répartition que les pays membres sont convenus d'adopter depuis avril dernier, alors que l'afflux de migrants via les Balkans pousse le système de libre circulation à l'intérieur des frontières de l'UE à ses limites.

Fermeture des frontières

L'Allemagne a prévenu qu'elle pourrait commencer à renvoyer des réfugiés syriens vers d'autres Etats membres de l'UE. La Hongrie a immédiatement averti qu'elle n'en accueillerait aucun.

La Slovénie a de son côté commencé à ériger mercredi une clôture de barbelés le long de certaines parties de sa frontière avec la Croatie et le Danemark a annoncé son intention de durcir les contrôles à ses frontières. La Suède instaurera jeudi des contrôles provisoires à ses frontières pour faire face à l'afflux de dizaines de milliers de réfugiés, a annoncé mercredi son ministre de l'Intérieur, Anders Ygeman. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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