Mondial 2010: Un sorcier serbe à la tête du Ghana
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Mondial 2010Un sorcier serbe à la tête du Ghana

Inconnu avant le Mondial, Milovan Rajevac a définitivement vaincu les réticences qui avaient accompagné sa nomination comme sélectionneur du Ghana.

Le Serbe Milovan Rajevac est en train de réussir un énorme pari. Après le Cameroun en 1990 et le Sénégal en 2002, le Ghana est le troisième pays africain à atteindre les quart de finale d'un Mondial.

Le Serbe Milovan Rajevac est en train de réussir un énorme pari. Après le Cameroun en 1990 et le Sénégal en 2002, le Ghana est le troisième pays africain à atteindre les quart de finale d'un Mondial.

La Côte d'Ivoire (Sven Goran Eriksson), le Cameroun (Paul Le Guen), l'Afrique du Sud (Carlos Alberto Perreira) et le Nigeria (Lars Lägerback) ont confié leur destin à des «grands noms». Mais chacune de ces équipes sont déjà de retour à la maison. La fédération ghanéenne peut sourire...

Avant son arrivée à Accra, Milovan Rajevac, ancien joueur de l'Etoile Rouge de Belgrade, qui a terminé sa carrière dans le championnat américain en salle, avait pour seuls faits d'armes d'avoir conduit jusqu'au tour préliminaire de la Coupe d'Europe deux clubs serbes habitués à lutter pour le maintien (FK Vojvodina et Borac FC).

Il explique avoir appris son métier aux côtés de ses compatriotes Bora Milutinovic, présent au match samedi et qui a entraîné de multiples sélections (Mexique, Etats-Unis, Nigeria, Chine, Irak), et Ljubo Petrovic, dont il a été l'adjoint dans des clubs qatariote et chinois.

C'est cette tradition des techniciens «globe-trotters» serbes que Rajevac perpétue quand, en 2008, il contacte la fédération ghanéenne en quête d'un successeur au Français Claude Le Roy. Il n'est pas le premier choix mais les prétentions financières de l'Autrichien Josef Hickesberger sont trop élevées.

Sa nomination suscite un tollé. «Mais la fédération lui a fait confiance et l'a soutenu», se souvient Novak Glisic, son traducteur attitré.

Une confiance que Rajevac rembourse au centuple. Il sillonne le pays, à la recherche de nouveaux talents, dont plusieurs ont gravi les échelons à vitesse accélérée, jusqu'en Afrique du Sud.

Le titre mondial remporté par l'équipe nationale des moins de 20 ans en septembre, c'est son bébé. A la Coupe d'Afrique des Nations en janvier, en l'absence du capitaine Michael Essien (blessé), les Black Stars se hissent en finale pour la première fois en 18 ans...

«Il fait un travail fantastique», déclare le capitaine des moins de 20 ans Andre Ayew, étincelant en Afrique du Sud. «Avec une équipe jeune, on montre qu'on est extrêmement cohérent tactiquement.»

Signe de cette primauté donnée au collectif, l'équipe ne pâtit pas de la nouvelle absence d'Essien ou des apparitions épisodiques de l'autre star, Sulley Muntari. «Milovan est l'homme de la situation, résume le milieu Stephen Appiah. Ceux qui lui reprochaient son manque d'expérience africaine étaient à côté de la plaque.»

Tout en amenant sa rigueur, le Serbe a su garder une atmosphère détendue. Loin des précautions quasi-paranoïaques dont s'entourent les autres sélections, les entraînements sont souvent publics, professionnels mais joyeux.

«Comblé», Rajevac vit «un rêve». «Entraîner le Ghana, c'était un immense défi mais aussi une chance de me frotter au niveau international alors que j'étais inconnu», explique-t-il. Il se satisfait que les «Black Stars» gagnent «des supporteurs dans le monde entier». Il en est l'artisan. En rappelant que le football de haut niveau doit être appréhendé avec sérieux. Mais que le bonheur doit en rester un ingrédient essentiel.

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