Stand-up paddle: «Un sport très complet, c'est ce qui me plaît»
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Stand-up paddle«Un sport très complet, c'est ce qui me plaît»

Hakim Dridah (20 ans) rentre des championnats du monde de Mexico, un long voyage qu'il a dû financer lui-même. Le plus grand rêve du Lausannois? Que ses sacrifices paient. Rencontre.

par
tim
Equilibre, endurance, explosivité: le stand-up paddle séduit de plus en plus de jeunes.

Equilibre, endurance, explosivité: le stand-up paddle séduit de plus en plus de jeunes.

Hakim Dridah s'aventure tous les jours une heure sur le Léman. Pour le plaisir? Pour s'entraîner, surtout. Ce jeune homme de 20 ans est l'un des meilleurs spécialistes suisses de stand-up paddle, un sport en pleine expansion dans le pays. «Bon, ce serait plus simple dans un pays bordant l'océan, mais je m'adapte», sourit-il. Pas question d'argent, ou très peu, dans ce sport encore peu médiatique. «J'ai déjà gagné quelques centaines de francs dans des concours en Suisse, mais cela sert seulement à payer le déplacement», explique le Lausannois, qui est né et a grandi dans la capitale olympique.

Il rentre d'ailleurs des championnats du monde de Mexico, où il a obtenu deux rangs honorables. 14e du parcours technique, le plus court, il a terminé 24e (sur 44) du «marathon». Le stand-up paddle propose en effet diverses catégories, dont la plus exigeante physiquement se déroule sur un parcours allant de 15 à 20 kilomètres. 110 minutes d'efforts soutenus, pour un sport très complet. «Oui, c'est vraiment ce qui me plaît. Dans d'autres sports nautiques, vous n'utilisez que les bras. Là, tout travaille. Il faut de l'équilibre, de la puissance, de l'endurance.» Hakim Dridah travaille d'ailleurs son physique en dehors de l'eau, s'astreignant à de longues et régulières séances de course.

Ne pas être professionnel ne l'empêche pas de prendre la compétition très au sérieux. «J'ai commencé en faisant du windsurfing. Un jour, on m'a proposé le stand-up et je me suis dit pourquoi pas. Je me suis inscrit à une compétition, que j'ai gagnée sans aucun entraînement! Là, je me suis vraiment pris au jeu.» S'en est suivi une participation aux championnats de Suisse, puis la participation régulière aux diverses courses bien cotées dans le pays et dans le monde.

Si une date attire son attention dans les prochaines semaines, c'est bien celle du 18 juillet. Ce jour-là se déroulera la prochaine édition des championnats suisses à Chevroux, sur le lac de Neuchâtel. «Je suis déjà monté sur le podium, mais je n'ai encore jamais gagné. L'objectif, il est clair», explique-t-il avec fermeté. Oui, il vise le titre de champion de Suisse et ne s'interdit pas de rêver plus loin. «A terme, je veux m'imposer dans un championnat du monde. La concurrence est rude, mais j'y crois. A force de travailler, je vais y arriver», explique le futur universitaire, section sciences du sport.

Vivre de son sport, par contre, est un horizon encore lointain. «Pour l'heure, c'est irréalisable. Le voyage au Mexique, je l'ai intégralement financé, et l'association suisse de stand-up a payé mon inscription. Par contre, les sponsors répondent de plus en plus présent. Il s'agit vraiment d'un sport avec une bonne image, qui est en pleine expansion. Les sociétés aiment y associer leur nom et ce sera de plus en plus le cas dans l'avenir. On le constate au nombre de participants, aussi. J'étais le seul Suisse aux championnats du monde, mais dans toutes les compétitions européennes et nationales, il y a de plus en plus de monde sur l'eau. La concurrence augmente, c'est parfait pour mon sport», termine-t-il, impatient de retourner sur le lac pour sa séance d'entraînement quotidienne.

Sport olympique en 2020?

Le stand-up paddle sera prochainement intégré aux Jeux Panaméricains et pourrait même être intégré au programme des Jeux Olympiques de Tokyo, en 2020.

«Nous avons toutes les raisons de croire que le surf a un destin olympique et doit être intégré au programme des JO de Tokyo en 2020. Il répond parfaitement à la philosophie de l'Agenda 2020 du président Thomas Bach», a estimé Fernando Aguerre, président de la Fédération internationale de surf, dont dépend le "paddle". La concurrence est rude puisque le baseball et le softball sont également candidats.

Hakim Dridah s'en réjouirait évidemment: "J'aurais 25 ans, je serai dans la force de l'âge. Pour l'instant, c'est un rêve, mais ce serait vraiment génial."

Le "paddle", qu'est-ce que c'est?

Le stand up paddle aussi nommé SUP ou paddle voire planche à rame1, est un sport de glisse nautique où le pratiquant est debout sur une planche plus longue qu'une planche de surf classique, se propulsant à l'aide d'une pagaie, paddle en anglais.

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