Actualisé 23.03.2016 à 08:12

BrésilUn stade du Mondial visé par l'enquête Petrobras

Le scandale Petrobras continue de se développer, cette fois autour du Mondial 2014.

Le siège de Petrobras, à Rio de Janeiro, en décembre 2015.

Le siège de Petrobras, à Rio de Janeiro, en décembre 2015.

photo: Reuters

L'attribution du marché de construction du stade du match d'ouverture du Mondial-2014 de football au Brésil au groupe de BTP Odebrecht a été entachée d'irrégularité, a déclaré mardi l'un des procureurs de l'enquête sur le scandale de corruption Petrobras.

Le procureur Carlos dos Santos Lima a énuméré une liste d'une dizaine de dirigeants d'Odebrecht identifiés comme «donneurs d'ordre de paiements de pots de vin» contre l'attribution de marchés, y compris «le directeur d?infrastructures responsable de la construction du Stade de Corinthians» à Sao Paulo.

Parmi les documents saisis para la Police Fédérale, des fichiers informatiques qui démontrent l?existence d?une «comptabilité parallèle» vouée à des paiements suspects.

Enquête tentaculaire

L'un de ces versements, de 500'000 reais (environ 140'000 dollars), serait destiné à un dirigeant de Corinthians, un des clubs les plus populaires du pays, dont l'ancien président Luis Inacio Lula da Silva est un fervent supporter.

Il est donc «clair» que l'enquête tentaculaire sur les marchés truqués entre le groupe pétrolier étatique Petrobras et un cartel formé par les plus puissants groupes de BTP du pays «va toucher d'autres secteurs que celui du pétrole», a commenté ce procureur lors d'une conférence de presse à Curitiba.

«Beaucoup de choses vont encore être découvertes», a-t-il ajouté, en commentant une nouvelle opération policière de l'enquête Petrobras lancée dans la matinée contre des dirigeants d'Odebrecht.

110 perquisitions

Quelque 380 agents, munis de 15 mandats de placements en détention provisoire et de 28 mandats d'arrêts ont effectué mardi 110 perquisitions dans neuf Etats du Brésil, dont Sao Paulo - où le groupe Odebrecht a son siège -, Rio de Janeiro et Brasilia.

Les Brésiliens avaient massivement protesté en juin 2013 contre les milliards d'argent public engloutis dans la construction des stades du Mondial-2014, au lieu d'avoir été investis dans la santé, l'éducation et ou les transports publics défaillants.

Certains stades avait coûté jusqu'au double des devis initiaux, alimentant des soupçons de corruption au sein de la population.

Blanchiment, évasion de capitaux...

D'après le contrat signé en juillet 2011 avec Odebrecht, l'Arena Corinthians devait coûter 820 millions de reais (environ 230 millions de dollars), mais le club a chiffré en février 2015 la facture totale à 1,15 milliards (près de 280 millions de dollars).

Le groupe Odebrecht l'un des plus puissants conglomérats de BTP d'Amérique latine «entretient réseau de paiement de pots-de-vin professionnalisés et organisés», a dénoncé la commissaire de police Fédérale Renata Rodrigues, pendant la même conférence de presse.

Les personnes arrêtées devront répondre de «crimes de corruption, évasion de capitaux, organisation criminelle et blanchiment d'argent», selon un communiqué de la police fédérale.

Le Brésil est actuellement ébranlé par une crise politique majeure, envenimée par les révélations incessantes de l'enquête sur le scandale corruption qui éclabousse la coalition au pouvoir dirigée par le Parti des travailleurs (PT, gauche). La présidente de gauche Dilma Rousseff est visée par une procédure de destitution examinée par les députés. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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