Actualisé 01.05.2011 à 19:53

Attentat de MarrakechUn Suisse et un Portugais parmi les victimes

Un Suisse et un Portugais résidant en Suisse figurent parmi les victimes de l'attentat de Marrakech, au Maroc. Il s'agit des compagnons des deux Tessinoises blessées dans le même attentat.

Un Suisse et un Portugais résidant en Suisse figurent parmi les personnes tuées jeudi dernier dans l'attentat perpétré dans la ville marocaine de Marrakech, a indiqué dimanche le DFAE. Il s'agit des compagnons des deux Tessinoises blessées dans le même attentat et rapatriées vendredi soir.

Le Suisse qui a péri dans l'attentat était âgé de 25 ans et le Portugais de 23 ans, ont indiqué les médias tessinois, citant des indications des familles des victimes.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a précisé dans un communiqué que les deux hommes n'avaient pu être identifiés par les autorités marocaines que dimanche. Il n'était pas en mesure d'indiquer quand le rapatriement des corps devait s'effectuer.

Les quatre jeunes gens se trouvaient jeudi parmi les nombreux occupants du café Argana, visé par l'explosion. L'attaque a fait seize morts au total dont 15 étrangers, et 21 blessés.

Selon les médias tessinois, les deux hommes tués venaient de la région de Bellinzone et se trouvaient en vacances au Maroc avec leurs amies respectives. Grièvement blessées dans l'attentat, les deux femmes, âgées respectivement de 25 et 27 ans, ont été rapatriées vendredi soir en Suisse par un avion de la Rega et immédiatement hospitalisées.

Toutes les pistes examinées

Les autres personnes tuées sont huit Français, trois Marocains, un Canadien, un Britannique et un Néerlandais, selon un bilan définitif donné dimanche soir par le ministère de l'intérieur. Trois jours après l'attentat, l'enquête se poursuit et toutes les pistes sont examinées, a assuré un responsable sécuritaire.

L'opération n'a pas été revendiquée, mais les autorités ont évoqué dès vendredi un procédé qui fait penser aux émules d'Al- Qaïda. Il n'y a pas eu d'arrestation et des barrages sont toujours dressés à l'entrée des grandes villes pour assurer la sécurité, a précisé le responsable sécuritaire.

Portrait-robot

Le portrait-robot d'un suspect a été établi grâce aux déclarations de deux touristes néerlandais. Il s'agirait d'un Arabe, jeune, bien rasé et aux cheveux longs qui a été vu au café Argana, quelques minutes avant l'explosion.

Samedi, Mohammed VI s'est rendu au chevet des blessés à Marrakech. Il est également allé constater les dégâts dans le café Argana, soufflé par l'explosion d'une bombe commandée à distance.

Manifestations du 1er Mai

Des manifestations marquant le 1er mai dimanche à Casablanca, Rabat et Marrakech ont condamné le «terrorisme» et sommé le pouvoir de ne pas utiliser le récent attentat pour revenir sur ses promesses de réformes.

«Non au terrorisme!», ont scandé à Casablanca quelque 2000 jeunes du Mouvement du 20 février - qui exige des réformes politiques -, qui s'étaient joints à une manifestation de 5000 personnes marquant la Fête du travail. Les protestataires ont réclamé «Un roi qui règne mais ne gouverne pas» et exigé la fin du «cumul de la fortune et du pouvoir».

Le Maroc, où le roi Mohammed VI a succédé en 1999 à son père Hassan II, a été relativement épargné par les troubles qui secouent d'autres pays arabes, mais de premières manifestations ont eu lieu le 20 février, et ont été suivies par d'autres les 20 mars et 24 avril.

A Rabat, environ 3000 personnes ont défilé, dont quelque 300 membres du Mouvement du 20 février. «Le terroriste craint une constitution démocratique», scandaient des membres du Mouvement, qui ont reçu le soutien des militants de l'un des principaux syndicats du Maroc, l'Union marocaine du travail (UMT).

Appel à la vigilance

A Marrakech, plusieurs centaines de personnes ont manifesté, dont des membres du Mouvement du 20 février, jusqu'à la place Jamâa El- Fna visée par l'attentat. Des militants ont également appelé à la vigilance contre une remise en cause des promesses de réformes.

Le 9 mars, en plein «printemps arabe», Mohammed VI a annoncé des réformes constitutionnelles visant notamment à renforcer l'indépendance de la justice et la séparation des pouvoirs. L'attentat de Marrakech fait craindre un retour en arrière et le renforcement de la politique sécuritaire.

(ats)

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