Avalanche à Chamonix: Un Suisse parmi les neuf victimes
Actualisé

Avalanche à ChamonixUn Suisse parmi les neuf victimes

Neuf personnes, dont un ressortissant suisse, ont trouvé la mort et plusieurs autres ont été blessées dans une avalanche, jeudi matin, en entreprenant l'ascension du Mont-Blanc.

Neuf alpinistes, trois Britanniques, trois Allemands, deux Espagnols et un Suisse ont péri jeudi dans une avalanche au Mont Maudit, dans la partie française du massif du Mont- Blanc. La coulée a aussi fait quatre disparus et neuf blessés. Cette avalanche est l'une des plus meurtrières des dernières années dans ce massif.

Elle a touché des cordées à 4000 mètres d'altitude, sur la face nord du Mont-Blanc, la seconde voie d'ascension la plus empruntée en ce début de vacances d'été où les voies d'alpinisme sont prises d'assaut par les touristes.

«Le bilan est à ce stade de neuf morts», a annoncé Philippe de Rumigny, préfet de Haute-Savoie, après la découverte en fin de matinée de trois nouveaux corps sous l'avalanche.

Les victimes sont trois Allemands, trois Britanniques, deux Espagnols et un Suisse, a précisé le colonel Bertrand François, commandant du groupement de gendarmerie de Haute-Savoie. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a confirmé en début de soirée le décès d'un Suisse.

Il a précisé qu'un blessé également suisse avait été rapatrié, et qu'il n'avait pas connaissance à ce stade d'autres ressortissants helvétiques impliqués.

Disparus

Quatre alpinistes restent portés disparus. Il s'agirait de deux Britanniques et deux Allemands. Le colonel a émis l'espoir qu'ils aient réussi à échapper à l'avalanche en allant plus vite que le reste du groupe ou en empruntant un autre itinéraire.

Neuf blessés légers ont été hospitalisés et deux personnes ont pu être récupérées indemnes par les secouristes. Une chapelle ardente a été dressée pour l'accueil des familles au centre hospitalier de Chamonix, au pied du Mont-Blanc.

Zone entièrement sondée

Les recherches sur place, à plus de 4000 mètres, avec des secouristes italiens venus renforcer les moyens français, ont été interrompues en fin d'après-midi. «La zone d'avalanche a été entièrement sondée. Les recherches reprendront demain en fonction de la météo», a déclaré le colonel François.

Il a évoqué la possibilité que des corps soient enfouis profondément ou en dehors de la zone sondée.

Le ministre français de l'Intérieur Manuel Valls a effectué un survol en hélicoptère des lieux du drame, faisant part de sa «vive émotion». «La montagne ne restitue pas toujours les victimes», a-t- il mis en garde. Le ministre a refusé de se prononcer sur les causes de l'accident: «L'enquête commence», a-t-il dit.

«Une plaque s'est décrochée»

Cette enquête devra déterminer l'origine de l'avalanche. Les victimes font partie d'un groupe de 28 personnes, comprenant des guides de différentes nationalités. L'alerte a été donnée jeudi à 05H25 par un des blessés.

«Une plaque de 40 centimètres d'épaisseur s'est décrochée», a avancé comme premier élément d'explication Philippe de Rumigny. Il semble que ce soit un alpiniste qui l'ait fait partir. «Aucun bulletin météo ne donne de prévisions de risque d'avalanche», a souligné le maire de Chamonix, Eric Fournier.

Fort vent

Météo France a précisé que le vent était fort dans ce secteur jeudi, avec des pointes de 60 à 70 km/heure. «On devait être pas mal secoué», a expliqué un responsable local de Météo France.

Le dernier accident d'alpinisme le plus grave dans les Alpes avait eu lieu le 24 août 2008, lorsque huit alpinistes - trois Suisses, un guide autrichien et quatre Allemands - avaient été emportés par une avalanche à la suite d'une chute de séracs au Mont Blanc du Tacul.

Le Mont Maudit est l'un des passages de la «voie des trois monts», couramment empruntée, avec le Mont Blanc du Tacul et le Mont- Blanc. C'est la deuxième voie la plus utilisée pour effectuer l'ascension du Mont-Blanc, après la voie royale qui passe par le Dôme du Goûter.

(ats)

Ton opinion