Vaud - Collectionneur d’armes, il menaçait la cheffe des prisons
Publié

VaudCollectionneur d’armes, il menaçait la cheffe des prisons

Un employé de la prison de la Tuilière a été condamné après avoir effrayé ses supérieurs. Parmi eux, la cheffe du Service cantonal pénitentiaire.

par
Frédéric Nejad Toulami
L’homme menaçant détenait des armes dont des Glock.

L’homme menaçant détenait des armes dont des Glock.

Getty/AFP

«Je vais venir avec mon Glock pour montrer de quoi je suis capable!» Celui qui avait menacé l’an passé d’utiliser son pistolet semi-automatique n’était autre que le chef d’atelier de la prison de la Tuilière, à Lonay. Convoqué à deux reprises en avril par sa hiérarchie pour des «manquements professionnels», ce quinquagénaire n’a pas du tout supporté la situation.

Prêt à «passer à l’acte»

Connu pour être un collectionneur d’armes, il a continué à inquiéter divers collègues quand il a de nouveau été invité à venir s’expliquer sur son attitude au travail. «Super, je suis de nouveau convoqué» au siège de la direction du Service pénitentiaire (SPEN) «à Penthaz. Je vais y descendre avec ce qu’il leur faut, trop plein le cul!» écrit-il à quelqu’un. Le lendemain, il dira même au téléphone qu’il en «veut à mort» à son supérieur et à la cheffe du SPEN, Sylvie Bula, et qu’il est «prêt à passer à l’acte».

Ces dernières menaces ont fini d’alarmer sa hiérarchie, qui a décidé de les prendre très au sérieux et de porter plainte, Sylvie Bula y compris, contre ce passionné de tir. Arrêté et placé un jour en détention provisoire, il a admis les faits, tout en précisant qu’il n’avait proféré ces propos que sur le coup de la rage, mais sans intention de passer à l’acte.

Un état dépressif récurrent

Pour le procureur, il ne pouvait pas ignorer que ses intimidations «inquiétantes et concrètes» parviendraient aux personnes visées et les alarmeraient. Le magistrat a établi que l’infraction pénale de menace contre les autorités était réalisée. De plus, il a constaté que le prévenu continuait à se poser en victime d’une injustice, mais il retient aussi à sa décharge que l’individu, suivi par un thérapeute pour un état dépressif récurrent, était désorienté au moment des faits. Il l’a condamné à une peine pécuniaire de 60 jours-amende, à 50 fr. par jour, avec un sursis pendant deux ans, ainsi qu’à une amende de 400 fr. Les frais de procédure et de l’avocat sont aussi à sa charge, soit près de 4500 fr. L’homme n’a pas fait recours contre cette ordonnance pénale, désormais en vigueur.

Un petit arsenal chez lui

Les enquêteurs ont découvert chez le prévenu une dizaine d’armes à feu ainsi que des munitions et du matériel de tir comme des viseurs. La police a détruit l’un d’eux ainsi que deux silencieux. Le procureur n’a pas ordonné la confiscation des autres armes en sa possession de manière légale.

Ton opinion