France: Un suspect mis en examen dans l'affaire Merah
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FranceUn suspect mis en examen dans l'affaire Merah

Un homme soupçonné d'avoir fourni des armes à Mohamed Merah a été mis en examen et placé en détention provisoire samedi à Paris, a-t-on appris de source judiciaire. Agé d'une trentaine d'années, il avait été interpellé mardi à Toulouse.

Le juge lui a signifié sa mise en examen, notamment pour complicité d'assassinat en relation avec une entreprise de nature terroriste. Se réclamant d'Al Qaïda, Mohamed Merah a tué sept personnes en mars 2012 à Toulouse et à Montauban avant d'être abattu par la police au terme d'un long siège de son domicile toulousain.

Proche de la famille Merah, l'homme mis en examen samedi est soupçonné d'avoir fourni au tueur au moins deux armes, dont le pistolet-mitrailleur avec lequel Mohamed Merah a tué trois enfants et un adulte dans une école juive de Toulouse, a-t-on précisé de source proche de l'enquête.

Il lui aurait également fourni le gilet pare-balles que portait le tueur lors de l'assaut de son appartement par les hommes du Raid, ajoute-t-on de même source. Les gardes à vue de cinq autres personnes interpellées mardi ont été levées.

Deux autres inculpés

Avant lui, deux hommes ont déjà été inculpés dans cette affaire. Abdelkader Merah, 31 ans, frère aîné du tueur, est poursuivi pour complicité d'assassinats et écroué depuis mars 2012. Il nie toute implication dans les crimes de son frère, reconnaissant seulement avoir été présent au moment du vol du scooter utilisé par Merah lors de ses assassinats.

Mohamed Mounir Meskine, 25 ans, condamné à trois reprises pour vol, recel de vol et trafic de stupéfiants, est un ami des Merah. Soupçonné d'avoir participé au vol du scooter avec les frères, il a été inculpé pour vol en réunion en lien avec une entreprise terroriste et participation à une association de malfaiteurs terroriste. Ecroué le 18 mai, il nie les faits.

«Etape importante»

Les enquêteurs, qui travaillent depuis plusieurs mois sur l'entourage des frères Merah, voient dans l'arrestation d'un troisième homme une «étape importante» dans l'enquête sur les complicités dont Merah pourrait avoir bénéficié.

Une étape qui pourrait en appeler d'autres. Selon une source policière, la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire, en charge de l'enquête, «continue à explorer la piste d'autres fournisseurs possibles d'armes et de matériel».

Selon un proche du dossier, l'enquête s'est accélérée ces dernières semaines après la découverte, par les enquêteurs, de la provenance de l'une des armes de Merah: un Colt 11,43 trouvé chez le tueur au scooter avait été volé en juin 2011 à un champion de tir en même temps que de nombreuses autres armes et des munitions.

A la suite d'une erreur dans le référencement de l'arme, les enquêteurs ont mis un an à faire le lien entre le Colt volé et celui trouvé chez Merah. Depuis, ils ont retrouvé la trace du stock d'armes volées, qui pourrait impliquer un réseau de trafiquants de drogue de la région de Toulouse, selon un proche du dossier. (ats)

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