suisse - Un technicien a falsifié des centaines de contrôles de freins de trains CFF
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suisseUn technicien a falsifié des centaines de contrôles de freins de trains CFF

Ce vendredi, une importante affaire de falsification de contrôle de freins de trains CFF a été révélée. Le Tribunal administratif fédéral a évoqué une grave mise en danger des passagers, et donné raison à l’entreprise de transports.

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nci
Plusieurs centaines de contrôle de freins ont été falsifiés par le technicien, a révélé la justice. Cette manœuvre aurait pu s’avérer très dangereuse pour la sécurité des passagers.

Plusieurs centaines de contrôle de freins ont été falsifiés par le technicien, a révélé la justice. Cette manœuvre aurait pu s’avérer très dangereuse pour la sécurité des passagers.

20 Minuten/Sonja Mulitze

En mai 2020, les CFF ont découvert qu’un de leurs techniciens avait falsifié des contrôles de freins à grande échelle. Les faits n’ont été rendus publics que ce vendredi, après la publication de la décision du Tribunal administratif fédéral (TAF) de St.-Gall. À noter que ce sont les journaux suisses allemands Tamedia qui ont relaté l’affaire, et non les CFF.

La justice a été saisie après que le technicien a été licencié sans préavis. L’employé contestait cette décision et avait également exigé un an de salaire en guise de compensation. La sécurité des passagers a été «gravement mise en danger», a toutefois estimé le TAF, qui a donné raison aux CFF.

Une manœuvre dangereuse

L’homme de 26 ans travaillait dans un atelier de maintenance ferroviaire depuis 2012. Il était chargé de vérifier l’état des étriers de freins, avant qu’ils ne soient installés dans les trains. Mais le technicien a systématiquement introduit des valeurs fictives dans l’appareil de test, et magouillé les résultats afin de déjouer le système et raccourcir la procédure de test. Des freins défectueux ont ainsi été introduits dans les trains CFF. Une action qui aurait pu se révéler très dangereuse.

«En cas de freinage d’urgence, le train n’aurait pas pu freiner assez rapidement», note le TAF dans sa décision. L’employé a «mis en danger l’exploitation ferroviaire et la sécurité des clients de la manière la plus grave» écrivaient également les CFF dans un document de justice. L’entreprise de transports n’a pas pu ou pas souhaité communiquer depuis quand l’homme truquait les contrôles, indiquent par ailleurs les médias alémaniques.

Il s’avère que les manœuvres du technicien ont été découvertes par les CFF grâce à un collègue de travail, qui a averti l’entreprise. Plusieurs supervisions ont eu lieu ensuite. Ses patrons ont notamment fait remesurer 95 des freins qu’il avait contrôlés et ils ont découvert que 80% des freins gérés par le technicien présentaient des mesures erronées. Les CFF ont affirmé lors la procédure judiciaire qu’ils avaient dû revérifier «plusieurs centaines» d’étriers de frein.

Le syndicat avait défendu un «travail bâclé»

«Il n’y a toutefois aucune preuve qu’il ait délibérément magouillé les commandes de frein, seulement des preuves circonstancielles», avait néanmoins défendu au tribunal Barbara Spalinger, vice-présidente du syndicat du personnel des transports de Suisse (SEV), qui avait soutenu le technicien au tribunal. S’il a admis les erreurs commises par le technicien, le syndicat avait également mis en avant un travail bâclé.

Le syndicat accuse également les CFF de «défaillance systémique». Tout d’abord, l’employé n’avait jamais été correctement instruit et «le principe de vérification à quatre yeux a été appliqué à ces contrôles, ce qui n’a manifestement pas fonctionné», avait ajouté la défense. Le syndicat avait également accusé les CFF de «défaillance systémique», arguant que l’employé n’avait jamais été correctement instruit.

Un «cas isolé» selon les CFF

Le service de presse des CFF a souligné dans un communiqué qu’ils «ne font aucun compromis sur la sécurité», et qu’il s’agit d’un «cas absolument isolé».

L'Office fédéral des transports – l'autorité de surveillance des CFF –, quant à elle, a affirmé qu’elle n’avait pas connaissance de cette affaire jusqu’à l’enquête menée par les journaux suisses allemands de Tamedia.

La question devrait néanmoins être «abordée» prochainement avec les sociétés de transport, a déclaré un porte-parole. Le principe de vérification «des quatre yeux» fera également l’objet d’une discussion particulière, a-t-il précisé.

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