Actualisé 27.11.2009 à 09:19

Le président piégé sur France 3Un technicien risque la prison pour le vol des images de Sarkozy

Un technicien de France 3 a été mis en examen pour «vol de vidéogramme appartenant à la société France 3», dans l'affaire de la diffusion des propos de Nicolas Sarkozy enregistrées hors antenne. Elles montraient le président irrité contre l'impolitesse d'un technicien.

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man

«Quand on est invité on a le droit à ce que les gens vous disent bonjour quand même. Ou alors on n'est pas dans le service public, on est chez les manifestants», avait déclaré le président français en «off», suite au refus d'un technicien de la chaîne France 3 de le saluer en coulisses, avant sa participation au journal télévisé «19/20», le 30 juin 2008. Dans les images qui avaient fait le tour du web, après avoir été diffusées une première fois par le site Rue 89, on pouvait également voir Nicolas Sarkozy demander au journaliste de France 3 Gérard Leclerc combien de temps il était resté «au placard».

Une diffusion sur internet qui avait poussé France 3 à déposer plainte le 8 juillet 2008 pour «vol, recel et contrefaçon». Les policiers avaient alors convoqué le 1er avril le technicien en question et quatre journalistes, deux de France 3 et deux du site Rue89, qui avait diffusé ces images. Début juillet, le technicien et les journalistes de France 3 étaient à nouveau entendus et dénonçaient une manoeuvre d'«intimidation» de la police pour révéler leurs sources.

Technicien mis en examen

Selon un communiqué de l'intersyndicale de France Télévisions diffusé jeudi, un technicien de France 3 vient à présent d'être mis en examen. Il risque 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende (près de 68 000 francs).

«Après avoir en vain tenté d'incriminer des journalistes, la justice s'en prend maintenant à un technicien», expliquent les syndicats. Ils demandent également que la plainte déposée par la direction de France 3 soit «immédiatement retirée». Le signal vidéo pouvait être reçu dans l'ensemble de l'immeuble, a expliqué un salarié sous couvert d'anonymat.

Si le but de l'enquête était celui de faire oublier cette affaire, elle aura eu l'effet contraire, puisque les images en question remontent de nouveau à la surface, une année après. (man/afp)

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