Discrimination chez les Bleus: «Un tel projet ne verra jamais le jour»
Actualisé

Discrimination chez les Bleus«Un tel projet ne verra jamais le jour»

Laurent Blanc, sélectionneur de l'équipe de France, a déclaré n'avoir «pas entendu parler d'un tel projet» après les accusations de «quotas discriminatoires» raciaux portées sur la Fédération française de football (FFF).

Le sélectionneur a insisté sur l'absence «de projet auquel (il aurait) participé, qui impose des quotas».

Le sélectionneur a insisté sur l'absence «de projet auquel (il aurait) participé, qui impose des quotas».

Le football français, dans son ensemble, a réagi aux accusations du site d'information Mediapart et a démenti l'existence de «quotas discriminatoires» au sein des centres de formation. Le président de la fédération Fernand Duchaussoy a annoncé l'ouverture d'une enquête interne.

«Insensé» pour l'un des vice-présidents de la FFF Noël Le Graët, «impossible» pour l'entraîneur de l'Olympique de Marseille Didier Deschamps, une «insulte» pour le président du syndicat des clubs professionnels Jean-Pierre Louvel: les accusations de Mediapart ont été accueillies avec surprise et indignation.

Dans une longue enquête mise en ligne jeudi, le site d'information assure que «plusieurs dirigeants de la Direction technique nationale (DTN) de la FFF, dont le sélectionneur des Bleus en personne, Laurent Blanc, ont approuvé dans le plus grand secret, début 2011, le principe de quotas discriminatoires officieux dans les centres de formation et les écoles de foot du pays».

«Pour les plus hautes instances du football français, l'affaire est entendue: il y a trop de Noirs, trop d'Arabes et pas assez de Blancs sur les terrains», ajoutait Mediapart.

Face à ces accusations, M. Duchaussoy a assuré lors d'une conférence de presse à Paris que «toute la lumière sera faite sur cette affaire».

«Pas entendu parler»

Directement mis en cause, Blanc et le directeur technique national François Blaquart se sont expliqués et défendus. «Bien sûr que je démens», a déclaré Blaquart, assis aux côtés de M. Duchaussoy.

A la même heure à Bordeaux, le sélectionneur des Bleus affirmait n'avoir «pas entendu parler d'un tel projet», qui d'après lui «ne verra jamais le jour».

Blanc a en revanche rappelé que «depuis une quinzaine d'années, le projet de jeu a été discriminatoire pour un certain nombre de joueurs, les critères athlétiques et physiques ayant été retenus essentiellement». Selon lui, «en ce moment, les petits (gabarits) sont pénalisés, ce qui est discriminatoire».

Est-il possible que certains dirigeants français aient fait l'amalgame entre «gabarit» et origine ou couleur de peau ?

«On m'a parlé de réunion secrète, je ne peux pas tout savoir», s'est défendu M. Duchaussoy.

«Certains disent que les grands et costauds sont souvent des gens de couleur. C'est un constat. Mais, ça ne veut pas dire que les petits ne peuvent pas être de couleur aussi. Un petit, il peut être Noir et Arabe», a plaidé Laurent Blanc.

Infidélité

Le sélectionneur et le DTN ont également reconnu réfléchir à la question des joueurs, formés en France et ayant la double nationalité et dont certains finissent par opter pour une autre sélection.

«Aujourd'hui, plus de 45% des joueurs en sélections de jeunes sont concernés. On peut considérer que c'est un problème», a ainsi déclaré Blaquart. Sur les cinq dernières promotions de néo-pros, une trentaine de joueurs ayant porté le maillot de l'équipe de France en jeunes ont fait le choix d'une autre sélection.«

»Accepte-t-on cette situation ? Est-ce le rôle de la FFF de former des joueurs pour d'autres pays et que peut-on faire ?«, a-t-il conclu. (afp)

«Ouverture d'une enquête interne»

Fernand Duchaussoy, président de la Fédération française (FFF), a annoncé l'ouverture d'une enquête interne après la dénonciation jeudi par Mediapart de quotas discriminatoires raciaux mis en place à la FFF. «Toute la lumière sera faite sur cette affaire, j'ai une confiance absolue en mes collaborateurs», a commenté le dirigeant.

«Nous allons faire une enquête interne, peut-être avec une direction du ministère de la Jeunesse et des Sports et peut-être avec une personne incontestable du monde du football. Je suis sûr que cela démontrera que c'est une affaire qui n'est pas à la hauteur de ce qu'on veut nous faire porter», a-t-il souligné. «Si on voit qu'il y a des choses à reprocher à ceux qui nous ont accusé, nous prendrons les dispositions nécessaires pour contre-attaquer».

Ton opinion