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IrlandeUn témoin confirme le refus d'avortement

Une amie de l'Irlandaise qui avait perdu la vie faute d'un avortement en octobre 2012, a témoigné dans l'enquête qui doit déterminer les responsabilités.

Savita Halappanavar était décédée des suites d'une hémorragie provoquée par une fausse couche. (Source: dr)

Savita Halappanavar était décédée des suites d'une hémorragie provoquée par une fausse couche. (Source: dr)

Un témoin est venu confirmer mardi, au deuxième jour de l'enquête judiciaire sur les causes du décès d'une femme s'étant vu refuser une interruption de grossesse en Irlande, que le refus avait été motivé par des raisons religieuses.

Savita Halappanavar, une dentiste de 31 ans originaire d'Inde, est décédée en octobre dans un hôpital public de Galway où elle s'était présentée, enceinte de 17 semaines, pour d'importantes douleurs dans le dos.

Informée qu'elle faisait une fausse couche, elle a demandé à plusieurs reprises que l'on mette un terme à sa grossesse, a répété lundi devant le tribunal de Galway son mari, Praveen.

Les médecins ont cependant refusé, selon lui, de le faire tant que le coeur du foetus battait.

«Nous ne faisons pas ça ici, ma chère»

Un scénario qu'est venu confirmer mardi Mrudala Vasepalli, une amie proche du couple. Elle a indiqué avoir été présente lorsque Savita a demandé si les médecins pouvaient faire quelque chose pour sauver son bébé. Devant leur réponse négative, elle a alors demandé à ce que tout soit fait pour accélérer l'inévitable, a-t-elle rapporté.

«Nous ne faisons pas ça ici, ma chère. C'est un établissement catholique», a dit la sage-femme à l'amie du couple, selon cette dernière.

Lors d'un contre-interrogatoire, les avocats de l'hôpital ont alors insisté pour savoir si ces propos avaient vraiment été formulés, avant d'être interrompus par le Dr Ciaran McLoughlin qui préside l'inquest.

«Nous devons nous rappeler qu'il s'agit d'un événement traumatisant qui a duré une semaine. Nous devons faire preuve d'une réelle indulgence» vis-à-vis des témoins, a-t-il dit.

«Elle pleurait tout le temps»

Savita Halappanavar était décédée en soins intensifs de septicémie une semaine après son hospitalisation.

Mrudala Vasepalli a également fait part de la grande détresse émotionnelle dans laquelle était son amie.

«Elle pleurait tout le temps. Elle disait 'de toute façon ça me fait mal. Si le coeur bat, je souffre, s'il s'arrête ça me fait mal. Quel genre de mère suis-je, à attendre la mort de mon bébé'», a-t-elle dit.

Les avocats du veuf se sont dits mécontents du peu d'efforts de l'hôpital pour identifier la sage-femme qui s'occupait de la défunte.

Avortement autorisé

Ce drame a relancé le débat sur l'avortement en Irlande, où il est interdit sauf dans le cas où la vie de la mère est en danger, selon une décision de la Cour suprême de 1992. Aucune loi n'a cependant été votée pour faire appliquer cette décision.

A la suite de l'affaire Halappanavar, le gouvernement a toutefois annoncé son intention de légiférer dans ce sens avant l'été. (afp)

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