Actualisé 05.03.2012 à 10:49

SuisseUn tiers de frontaliers en plus en cinq ans

La Suisse enregistre une hausse de la main-d'œuvre frontalière. Plus de la moitié provient de France.

Les frontaliers sont toujours plus nombreux à venir travailler en Suisse. On dénombrait 259'000 frontaliers de nationalité étrangère au dernier trimestre 2011, ce qui représente une hausse de 11,5% par rapport à la même période de 2010. En cinq ans, cette main-d'oeuvre a augmenté d'un tiers, selon une étude publiée lundi par l'Office fédéral de la statistique (OFS). C'est la région lémanique qui compte le plus de frontaliers. Plus de la moitié sont Français.

Le nombre de frontaliers est passé de 194'000 en 2006 à 259'000 en 2011, soit une hausse de 33,3%. Durant la même période, le nombre total des actifs occupés a passé de 4,3 à 4,7 millions, soit une hausse de 8,8%. De manière générale, les années de forte croissance du nombre de frontaliers correspondent à des phases de progression accrue du nombre d'actifs occupés.

Professions moins qualifiées

La hausse du nombre de frontaliers est plus ou moins marquée selon les grands groupes de profession: elle a ainsi été supérieure à la moyenne dans le groupe des employés de type administratif ( 18,2. Sur cinq ans, les progressions sont encore plus nettes et se situent nettement au-dessus de l'augmentation du nombre total de frontaliers (33,3%): ainsi, la hausse atteint 71,4% chez les «employés de type administratif», 67,2% dans les «professions élémentaires» et 52,1% chez les «directeurs, cadres de direction, gérants». A noter que le nombre d'actifs occupés a reculé de 11,5% en cinq ans chez les «employés de type administratif», une évolution contraire à l'augmentation observée du nombre de frontaliers dans cette catégorie.

Les frontaliers exercent beaucoup plus souvent une «profession élémentaire» (17,3 que l'ensemble de la population active occupée (4,6%). Cela indique que la main-d'oeuvre frontalière exerce des professions moins qualifiées. Sa sous-représentation dans les professions intellectuelles et scientifiques (11,7%, contre 22,6% des actifs occupés) le confirme.

Majorité en France

Quelque quatre cinquièmes des frontaliers travaillent dans trois grandes régions: un tiers environ dans la région lémanique (33,7, un quart dans la Suisse du Nord-Ouest (25,6%) et un cinquième au Tessin (20,8%). Dans la région lémanique, environ un actif occupé sur dix (9,9%) est un frontalier. Cette part est à peu près semblable dans la Suisse du Nord-Ouest (10%). Elle est par contre bien plus élevée au Tessin, où les frontaliers représentent 24% des actifs.

Les frontaliers sont très peu nombreux dans l'agriculture (0,7, alors que 40% d'entre eux travaillent dans l'industrie et 59,3% dans le secteur des services. Un peu plus de la moitié de la main-d'oeuvre frontalière est domiciliée en France (52,7%). Les frontaliers sont aussi nombreux à résider en Allemagne (21,1%) ou en Italie (22,8%). En revanche, ils vivent rarement en Autriche (3,2%) ou dans d'autres Etats (0,2%).

(ats/ap)

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