Actualisé 06.09.2012 à 07:04

Zurich

Un tortionnaire pend sa fille pour la punir

Amir* risque 13 ans de prison pour tentative de meurtre sur sa fille. Ses frères et sœurs avaient subi la violence de leur paternel.

de
Olivia Fuchs

«Je voulais simplement que mes enfants travaillent plus dur.» Amir, qui comparaît depuis mardi devant la justice zurichoise, est persuadé de n'avoir commis aucune erreur. Pourtant, le Ministère public demande 13 ans de prison pour cet homme de 46 ans domicilé à Höri (ZH). Il est accusé de tentative de meurtre. On lui reproche également d'avoir maltraité sa femme et ses cinq enfants pendant de nombreuses années. La liste de ses horreurs, dressée par le «Blick», fait froid dans le dos.

Tyran domestique

Amir a frappé le plus jeune de ses fils, âgé de 16 ans, au visage avant de lui donner des coups de pied dans le ventre car il avait sali son carnet scolaire. Un autre jour, il a étranglé sa fille (19 ans) jusqu'à ce qu'elle perde connaissance. C'était la punition pour ne pas avoir passé son examen semestriel d'assistante en soins. On l'accuse également d'avoir menacé de tuer son aînée, âgée de 25 ans, si elle ne mariait pas l'homme qu'il avait choisi pour elle. Toujours au rayon menaces, Amir a fait comprendre à son fils cadet qu'il allait le jeter du douzième étage de leur immeuble parce que le jeune de 20 ans n'avait pas réussi son permis de conduire. L'accusé a par ailleurs vidé tous les comptes en banque de ses enfants pour s'acheter des appartements au Kosovo.

Corde au cou

La situation a complètement dégénéré en été 2005. En rentrant de vacances, sa troisième fille (21 ans) l'a confronté au fait qu'elle avait découvert qu'il avait une maîtresse. Hors de lui, il l'a poussée dans sa voiture et l'a conduite dans un entrepôt à Dielsdorf (ZH). Sur place, il lui a placé une corde autour du cou et l'a pendue à une poutre jusqu'à ce qu'elle perde connaissance. Interrogée par le juge, la fille a affirmé que son père avait fini par la libérer et lui laisser la vie sauve. L'accusation de tentative de meurtre a toutefois été maintenue.

Malgré la quantité de témoignages accablants, Amir nie tout en bloc: «Le pire que j'ai fait c'était de les frapper sur la cuisse avec ma ceinture. Je me demande pourquoi mes enfants me font de tels reproches.» Le verdict sera prononcé vendredi.

*Prénom d'emprunt

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